L’augmentation des cas de grippe aviaire chez les humains inquiète l’OMS

TORONTO – L’augmentation des cas de grippe aviaire chez les humains doit être surveillée de très près, a signalé jeudi l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Le nombre de personnes infectées par les deux principales souches de la grippe a cru dans les derniers mois, ce qui préoccupe l’agence onusienne, qui a publié un communiqué sur la situation jeudi.

La propagation de la grippe chez les humains signifie, selon l’OMS, que le virus mute pour développer de nouvelles souches. Les conséquences pour la santé des oiseaux, et surtout des humains, sont donc «imprévisibles (et) inquiétantes», indique-t-on.

Les infections de grippe H5N1 ont monté en flèche en Égypte depuis le mois de novembre, alors que l’OMS fait état de 108 cas et de 35 morts — soit plus de cas en quatre mois que tous les pays combinés en un an. Le virus a été observé pour la première fois chez les humains en Asie à la fin de l’année 2003.

Les autorités médicales égyptiennes ont d’ailleurs découvert un nouveau virus, le H9N2, chez un nouveau-né, qui s’en est finalement sorti indemne.

Or, le fait que deux souches se côtoient au même endroit inquiète l’OMS, puisqu’il pourrait y avoir un échange génétique, créant ainsi d’autres virus. Si cette nouvelle souche se répandait rapidement chez les humains, cela pourrait mener à une épidémie, selon les experts.

«Les virus de l’influenza peuvent se réinventer constamment dans un nombre impressionnant de combinaisons possibles. Il semble que c’est ce qui arrive, à un rythme accéléré», constate l’OMS.

Il y a eu 777 cas de H5N1 depuis 2003 et 428 personnes ont succombé au virus. Le taux de mortalité est évalué à 55 pour cent.

Le virus H7N9 apparaît moins mortel, alors qu’environ 35 pour cent des cas s’avèrent fatidiques. Il serait toutefois plus contagieux que l’autre souche. Depuis deux ans, au moins 602 personnes l’ont contracté et 227 en sont mortes. Au cours des deux dernières années, quatre nouvelles souches de grippe aviaire ont été observées.

L’OMS reconnaît que le monde est assez bien préparé à affronter une telle pandémie. Mais il est nécessaire, selon elle, de développer de nouveaux vaccins qui seront plus efficaces.