L’Autorité des marchés financiers dépose une poursuite contre Joël Gauthier

QUÉBEC – L’ancien président-directeur général de l’Agence métropolitaine de transport (AMT), Joël Gauthier, est l’objet de poursuites pénales en raison de fausses informations qu’il aurait données au moment où une entreprise de construction dont il était actionnaire a demandé l’autorisation de répondre aux appels d’offres publics.

Selon des informations obtenues par La Presse Canadienne, M. Gauthier est soupçonné d’avoir fait une déclaration trompeuse à l’Autorité des marchés financiers (AMF) concernant l’origine des fonds de sa participation dans l’entreprise Groupe Hexagone, qui a racheté les actifs de l’homme d’affaires controversé Tony Accurso.

Lundi, dans un communiqué, l’AMF a annoncé le dépôt de poursuites pénales contre M. Gauthier, qui a également été directeur général du Parti libéral du Québec (PLQ) de 1999 à 2003, avant de diriger l’AMT, de 2003 à 2012.

Il y a un an, M. Gauthier s’était retiré de la direction et de l’actionnariat d’Hexagone, dont la presque totalité des actifs ont été rachetés par l’entreprise Transelec/Common TCI, qui les a regroupés en novembre dernier dans sa filiale Groupe TNT.

La décision de poursuivre M. Gauthier a été prise à la suite d’une enquête à propos des informations soumises à l’AMF en 2013, quand Groupe Hexagone a fait sa demande d’autorisation pour répondre aux appels d’offres publics, a indiqué le porte-parole de l’organisme réglementaire, Sylvain Théberge.

Après avoir autorisé l’entreprise à participer aux marchés du gouvernement et des organismes publics, l’AMF a été saisie d’autres renseignements contredisant certaines déclarations de M. Gauthier, a affirmé M. Théberge.

«On a appris dans les mois qui ont suivi de nouvelles informations qui nous laissent croire que M. Gauthier à ce moment-là a fait des déclarations fausses ou trompeuses dans le cadre de cette demande-là, a-t-il dit dans une entrevue téléphonique. Et c’est pour ça qu’on intervient et qu’on y va d’une poursuite pénale à son encontre.»

En 2013, six actionnaires d’Hexagone, dont M. Gauthier, ont fait l’acquisition des entreprises Louisbourg SBC, Gastier, Géodex, Ciments Lavallée et Houle H20, qui appartenaient à l’entrepreneur Tony Accurso.

Dans un reportage publié en juillet dernier, le quotidien La Presse rapportait que M. Accurso a soutenu financièrement M. Gauthier pour lui permettre de participer financièrement à l’acquisition de ses entreprises avec Hexagone.

Les poursuites concernent uniquement M. Gauthier et n’affectent en rien les autorisations émises aux entreprises maintenant exploitées par Groupe TNT, a indiqué M. Théberge.

«Ça concerne vraiment M. Gauthier, personne d’autre qui était dans l’actionnariat d’Hexagone à ce moment là, a-t-il dit. C’est vraiment des informations qu’on a obtenues dans les mois qui ont suivi concernant M. Gauthier et sur lesquelles on s’est penché.»

Réaction de Khadir

Le député de Québec solidaire Amir Khadir a estimé lundi que la situation de M. Gauthier témoigne du type de personnes qui gravitent autour du Parti libéral du Québec.

«Ça en dit plus long sur l’appareil libéral, a-t-il dit dans une entrevue téléphonique. Parce que des personnes qui sont malhonnêtes, ou qui font des fausses déclarations, on en a quand même dans la société mais ça constitue une infime minorité. Mais là, au PLQ, régulièrement, on voit des gens empêtrés dans toutes sortes de problèmes.»

Selon M. Khadir, ce développement vient rappeler que le ménage n’a pas été fait dans les rangs des libéraux malgré toutes les allégations qui ont mené à la mise en place de la Commission Charbonneau.