Le nouveau chef du Bloc québécois veut relancer l’option souverainiste

MONTRÉAL – À peine élu chef du Bloc québécois après une campagne où il a misé sur la promotion de la souveraineté, Mario Beaulieu a bien l’intention de poursuivre dans cette voie.

La victoire de l’ancien président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a été annoncée, samedi matin, à l’occasion d’un rassemblement tenu à Montréal.

M. Beaulieu a obtenu 53,5 pour cent des suffrages et a ainsi défait le seul autre candidat, le député de Richmond-Arthabaska, André Bellavance. Le taux de participation s’est élevé à 58,45 pour cent.

Le vote téléphonique s’est déroulé du 11 au 13 juin.

Depuis le moment où il s’était lancé dans la course, Mario Beaulieu avait martelé à de nombreuses reprises qu’il souhaitait remettre l’enjeu de l’indépendance au coeur du débat politique. Son plaidoyer en faveur de la souveraineté lui avait permis de récolter les appuis de plusieurs personnalités publiques, dont l’ex-premier ministre provincial Bernard Landry, l’ancien président du Mouvement Desjardins, Claude Béland et l’écrivain Yves Beauchemin.

La question de l’indépendance a été le principal thème de son discours de victoire.

M. Beaulieu a affirmé qu’on lui «a donné le mandat de remettre l’indépendance à l’avant-plan», ajoutant qu’il était là pour faire avancer une cause commune, c’est-à-dire permettre au Québec de devenir «une nation libre».

«Cette fois-ci, c’est parti pour de bon pour l’indépendance. Nous sommes partis pour gagner», a-t-il lancé d’un ton déterminé.

Cette déclaration a été accueillie par un tonnerre d’applaudissements et par des exclamations des militants qui ont répété à de multiples reprises: «nous vaincrons».

Malgré l’enthousiasme débridé de la foule, Mario Beaulieu a reconnu que sa mission ne s’annonce pas aisée. Il a lancé à ses partisans qu’ils venaient de lui «donner un défi immense».

Pour raviver la flamme indépendantiste, il faudra, à son avis, «faire du porte-à-porte, des assemblées de cuisine, des tournées des cégeps et des universités et agir constamment à l’extérieur des réseaux habituels» afin de favoriser le recrutement de nouveaux membres et surtout «expliquer [le] projet de pays de façon positive et concrète».

En dépit de l’ampleur de la tâche qui l’attend, il a bon espoir de faire de son parti politique «le moteur de la relance du mouvement indépendantiste».

Mario Beaulieu a servi un avertissement aux détracteurs du Bloc québécois qui «ont souvent annoncé la mort du mouvement indépendantiste». Il a soutenu qu’il leur réservait une «surprise» puisque, d’après lui, les souverainistes se préparent à «un retour en force plus énergique que jamais».

Il a immédiatement tendu la main aux quatre députés bloquiste à la Chambre des communes, Jean-François Fortin, Claude Patry, Louis Plamondon et André Bellavance, en saluant leur travail acharné à Ottawa depuis les élections de 2011.

Il a également adressé un message direct à M. Bellavance en le remerciant pour avoir mené une «campagne intelligente et articulée».

L’ancien chef du Bloc, Gilles Duceppe, qui avait fait le choix de demeurer neutre pendant cette course, a réagi plutôt tièdement à l’allocution du nouveau numéro un du parti.

Il l’a prévenu que «la côte [sera] très difficile à remonter». L’ex-politicien est visiblement demeuré de glace face à l’optimisme de la foule car il a déclaré que «ce n’est pas en criant »nous vaincrons» qu’on va la remonter».