Le budget fédéral pour des navires patrouilleurs est insuffisant, selon le DPB

OTTAWA – Le gouvernement fédéral n’a pas prévu un budget suffisant pour acheter entre six et huit navires de patrouille extra-côtiers et de l’Arctique (NPEA), considère le Bureau du directeur parlementaire du budget (DPB).

Le DPB, Jean-Denis Fréchette, croit qu’il y a peu de chances que le gouvernement réussisse à acheter six à huit bateaux avec un budget de 3,1 milliards $.

Son nouveau rapport indique que ce montant ne suffira qu’à acheter quatre bateaux, et même, il n’y a que 50 pour cent de chance que la construction se fasse dans ces prix.

Il ajoute que ce pourrait n’être que trois navires s’il y a un délai de plus d’un an d’ici l’achat.

«L’analyse du DPB laisse penser que le budget actuel sera insuffisant pour acquérir les six à huit NPEA prévus», dit le rapport publié mardi.

«Il est plus probable que, si le projet ne connaît pas de retard, le budget actuel ne permette de construire que quatre navires. Cependant, tout retard de plus d’un an aurait pour répercussion que le budget ne serait plus suffisant que pour construire trois navires.»

Le bureau de la ministre des Travaux publics, Diane Finley, a contredit le rapport et soutenu que les chiffres du DPB étaient erronés.

«Les chiffres fournis par le DPB sont basés sur de l’information erronée, des estimations approximatives des coûts de navires internationaux avec des utilités variées, dérivées de spécifications inexactes», a soutenu le porte-parole, Marcel Poulin, dans un courriel.

«En fait, en expliquant l’une de ces hypothèses, le DPB dit qu’il « n’a pas été en mesure, au terme de sa recherche d’exemples comparables au Canada, de trouver des données canadiennes récentes sur des acquisitions de cette nature »», a-t-il ajouté, citant le rapport.

Mais M. Fréchette et le DPB adjoint, Mostafa Askari, ont affirmé que cela découlait du fait que le gouvernement a refusé de leur fournir toute l’information dont ils avaient besoin.

La semaine dernière, des sources militaires et industrielles ont révélé à La Presse Canadienne que le gouvernement avait revu à la baisse ses plans pour acheter entre six et huit bateaux, pour en prévoir plutôt cinq, avec une option sur un sixième.

Cependant, le président d’Irving Shipbuilding, Kevin McCoy, dont l’entreprise a été choisie pour construire les navires en 2011, a démenti l’information en affirmant qu’Ottawa n’avait pas revu sa décision. La date limite pour signer un contrat de construction des bateaux a été fixée à la fin de l’année.

Le Bureau du directeur parlementaire du budget soutient que si le fédéral persiste à vouloir acheter au moins six navires, il devra hausser son budget de 470 millions $.

Avec cet ajout, Ottawa atteindrait ce que le directeur parlementaire du budget appelle le «niveau de confiance minimum». Ce concept, qui tient compte des risques qu’une organisation est disposée à prendre, correspond à la «norme minimale acceptable lorsqu’il s’agit d’établir un budget».

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