Le Canada veut unir les donateurs d’une même cause à l’aide d’un site Internet

WASHINGTON – Le Canada voudrait permettre à des étrangers intéressés aux mêmes causes liées au développement international de mettre leurs forces en commun à l’aide d’un nouveau site Internet.

À l’instar des sites de rencontre, le projet du gouvernement fédéral aiderait des étrangers partageant les mêmes intérêts à élaborer leurs projets ensemble.

Le ministre du Développement international, Christian Paradis, a exposé son plan cette semaine à l’occasion des réunions de printemps du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.

Le gouvernement Harper souhaite ainsi arrimer les politiques gouvernementales aux projets du secteur privé, ce qui pourrait lui apporter des bénéfices économiques à long terme.

Par exemple, lorsqu’une entreprise minière ouvre une mine, le gouvernement construit les infrastructures autour et les organisations non gouvernementales aident la communauté à développer des projets pour qu’elle devienne autosuffisante, a expliqué le ministre Paradis en entrevue.

Cette nouvelle plateforme en ligne permettra aux différents intervenants de se retrouver dans le but de «structurer les investissements» et «former des partenariats». Ce «marché en ligne» servirait «d’accélérateur» pour des modèles de développement innovants, selon M. Paradis.

Cependant, ce n’est pas ce site Internet qui déterminera les politiques gouvernementales, a nuancé le ministre.

Le gouvernement espère pouvoir faire une démonstration de son nouvel outil à la Conférence sur le financement du développement, qui aura lieu en Éthiopie, cet été. Les pays tenteront lors de ce sommet de trouver de nouveaux modèles de développement, alors que les Objectifs du millénaire pour le développement des Nations unies viennent à échéance cette année.

Une version plus complète du projet pourrait être présentée l’hiver prochain au Forum économique mondial de Davos — l’un des partenaires du projet avec la firme de conseils Dalberg et le Global Development Incubator. L’entreprise MasterCard et la fondation du milliardaire Bill Gates y ont aussi contribué de façon informelle.

Les différents partenaires veulent notamment créer une organisation sans but lucratif qui distribuerait les abonnements au site — un peu à la manière du site MERX, où les entrepreneurs peuvent présenter publiquement des soumissions aux agences et aux ministères gouvernementaux.

Le ministre Paradis estime qu’une telle initiative est nécessaire pour que les intervenants cessent d’agir en «vase clos». «Que faire pour adopter une approche plus coordonnée? Il faut partager l’information et je crois que nous avons besoin d’une plateforme comme celle-ci pour y arriver», a-t-il soutenu.

Le patron d’une entreprise de gestion des actifs présent à l’événement de la Banque mondiale, vendredi, s’est réjoui que le gouvernement veuille inclure le secteur privé dans la planification de l’aide internationale.

«Nous allons créer plus d’emplois que tous vos budgets pourront le faire», a affirmé Gerhard Pries, de Sarona Asset Management, devant les nombreux ministres présents.