Le chef de l’APN espère beaucoup de la rencontre sur les femmes autochtones

OTTAWA – Le nouveau chef de l’Assemblée des Premières Nations nourrit beaucoup d’espoirs sur la rencontre nationale consacrée aux femmes autochtones tuées ou disparues, qui doit avoir lieu à la fin du mois, même si on est loin de la commission d’enquête qu’il aurait souhaitée.

Perry Bellegarde aimerait maintenant que les gouvernements fédéral et provinciaux mettent plus d’argent dans les programmes sociaux et la sécurité pour les femmes autochtones, et que les différentes forces policières au pays coordonnent leurs efforts dans leurs enquêtes sur ces tragiques dossiers.

Mais par-dessus tout, le chef Bellegarde espère que les deux ministres fédéraux qui participeront à la rencontre du 27 février — Kellie Leitch, de la Condition féminine, et Bernard Valcourt, des Affaires autochtones — relaieront à leurs collègues du cabinet les réflexions et inquiétudes entendues lors de ce «sommet».

«Ce que nous souhaitons, c’est une stratégie concertée, et un plan précis pour la mettre en oeuvre», a-t-il expliqué dans un entretien avec La Presse Canadienne. «Le fédéral sera là, les provinces seront là, les Premières Nations seront là, les familles (des victimes) seront là: profitons-en pour élaborer ensemble une stratégie commune!»

Le chef Bellegarde espérait au départ la présence de trois autres ministres fédéraux — Peter MacKay à la Justice, Rona Ambrose à la Santé, et Steven Blaney à la Sécurité publique —, mais chaque délégation est limitée à deux représentants, a-t-il expliqué.

Le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Bob Paulson, a révélé l’an dernier que près de 1200 femmes autochtones avaient été tuées ou étaient portées disparues depuis 30 ans au pays — un chiffre beaucoup plus élevé que ce que l’on estimait jusque-là.

Plusieurs voix se sont élevées pour exiger une commission d’enquête nationale sur ces cas, mais le gouvernement de Stephen Harper a refusé, estimant qu’il fallait maintenant agir, et non étudier encore la question. Dans son dernier budget, le gouvernement a réservé une somme de 25 millions $ pour un plan quinquennal — renouvelable — de lutte contre la violence faite aux femmes et aux filles autochtones.

Ottawa a aussi annoncé plus de ressources financières pour les refuges pour femmes et les programmes de lutte contre la violence familiale, un registre informatique des empreintes génétiques des personnes disparues, et un soutien accru des enquêteurs de la police, par le biais des escouades spéciales de la GRC ou du Centre national pour les personnes disparues et restes non identifiés.

Ce qui n’empêchera pas le chef Bellegarde de continuer à réclamer du gouvernement fédéral une commission d’enquête nationale, afin «de conscientiser la population».

«La vie des femmes et des filles autochtones ne semble pas intéresser les gens, et c’est ce que nous voulons changer», a souhaité le chef de l’APN.

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