Le spectacle du controversé rappeur Action Bronson à Osheaga a été annulé

MONTRÉAL – Le controversé rappeur new-yorkais Action Bronson, accusé notamment de misogynie et de faire la promotion de la haine et de la violence envers les femmes, n’a finalement pas livré de prestation dans le cadre du Festival Osheaga à Montréal.

Dans un message laconique sur les réseaux sociaux, la direction du festival a d’abord fait savoir peu avant midi, samedi, que «malheureusement, Action Bronson a eu des problèmes de transport à la dernière minute et ne peut se présenter».

L’absence du chanteur, du moins officiellement, ne ferait donc pas suite à la pétition demandant son retrait de la programmation du populaire festival de musique, qui en est à sa dixième présentation dans l’île Sainte-Hélène.

Interrogée à ce sujet par La Presse Canadienne, la porte-parole du festival, Caroline Audet, a martelé à trois reprises que le rappeur avait eu «des problèmes de transport».

Mais dans une réaction sur Twitter, le bouillant rappeur a lancé un appel à Montréal et Toronto, réclamant une «putain de pétition» afin qu’il puisse venir jouer si les gens désirent vraiment le voir. Il dit aussi n’avoir «rien fait de mal».

A l’Agence des services frontaliers du Canada, le porte-parole Dominic McNelly a refusé de dire si le rappeur aurait pu être intercepté au poste de Lacolle ou ailleurs, la politique étant de ne pas nommer ceux qui se voient refuser l’accès au pays.

D’autres rappeurs, Narcy avec Yasiin Bey (alias Mos Def), ont été invités à remplacer Bronson à la dernière minute sur la Scène verte en après-midi.

Action Bronson, 31 ans, est reconnu pour produire des chansons aux paroles violentes à l’endroit des femmes. Une pétition mise en ligne contre son passage au festival montréalais avait recueilli des milliers de signatures.

«Action Bronson glorifie le viol, la violence faite aux femmes et même le « féminicide », notamment dans les paroles de sa chanson Consensual Rape et dans son vidéoclip Brunch. Des messages haineux de violence et de misogynie, nous n’en voulons pas dans un festival comme Osheaga», avait martelé celle qui était derrière la pétition, Rayane Zahal.

Mais le producteur de l’événement, Evenko, jouait la carte de la liberté d’expression, plaidant que ce n’est pas son rôle comme organisateur du festival de censurer les artistes.

Sur le site de l’événement, les visiteurs n’ont pas hésité à dénoncer le rappeur qui tient des propos «vulgaires, déplacés, voire insignifiants». Même la députée de Québec solidaire Françoise David s’est prononcée contre la présence du chanteur.

Récemment, à Toronto, une pétition avait aussi été lancée contre le rappeur qui avait dû retraiter du Festival NXNE pour se contenter de livrer un spectacle en privé.

Note to readers: Au 3e para, bien lire l’île Sainte-Hélène

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