Le débat sur l’éducation sexuelle en Ontario à l’affiche au parlement d’Ottawa

OTTAWA – Un député conservateur transporte le débat sur l’éducation sexuelle dans les écoles ontariennes jusqu’au parlement fédéral. Parm Gill en profite pour s’attaquer aux libéraux de Justin Trudeau en dénonçant les intentions du gouvernement de Kathleen Wynne.

Dans une déclaration au parlement, le député Gill s’inquiète ainsi de l’enseignement de concepts et de pratiques «offensants et moralement discutables».

Le débat secoue le milieu de l’éducation en Ontario depuis 2010. Le gouvernement de Dalton McGuinty a reculé une première fois. Le gouvernement Wynne disait cette semaine qu’il y a eu suffisamment de consultations et que le programme d’éducation sexuelle sera mis en place dès septembre prochain.

«Le contenu du programme de santé et d’éducation physique est dépassé, dangereusement dépassé», disait la première ministre mercredi.

Le nouveau programme sera affiché sur le site Web du gouvernement ontarien «dans les prochaines semaines», a-t-elle promis. On en est à terminer la version française.

Ce programme prévoit aborder la question de l’homosexualité dès la troisième année du primaire, parler de puberté et de masturbation à la sixième année, de maladies transmises sexuellement à partir de la septième année.

Se levant aux Communes, vendredi, avant la période des questions quotidienne, le député de Brampton-Springdale, un comté ontarien, a relaté avoir participé à une réunion où plusieurs parents se sont dits outrés par les politiques du Parti libéral, sans préciser s’il parlait du parti provincial ou fédéral.

M. Gill a fait référence à l’intention de Justin Trudeau de légaliser la marijuana, «la rendant plus accessible aux enfants», selon lui. Puis, il a accusé les libéraux fédéraux de vouloir légaliser la prostitution avant de passer au programme d’éducation sexuelle dans les écoles ontariennes.

«En tant que père de trois enfants, je partage les inquiétudes de plusieurs de mes électeurs que ces politiques sont dangereuses, exposent les jeunes enfants à des comportements sexuels explicites, et enseignent des concepts et des pratiques que les parents considèrent comme offensants et moralement discutables», a lancé le député.

M. Gill n’a pas précisé à quels concepts ou pratiques il faisait référence. Il n’a pas retourné les appels de La Presse Canadienne. Il a cependant affiché sur YouTube le vidéo de sa déclaration en Chambre.

On peut ainsi l’y voir parler d’un programme d’éducation «explicite» et «graphique» à partir de la première année du primaire, alors que ses collègues conservateurs assis à ses côtés secouent la tête, manifestant leur réprobation.