Le frère de Nadia Kajouji indifférent à l’acquittement de Melchert-Dinkel

TORONTO – Le frère d’une étudiante de l’Université Carleton qui a mis fin à ses jours en 2008 a réagi à l’acquittement partiel d’un homme accusé d’avoir incité la jeune fille à se suicider, affirmant que peu importe le sort de William Melchert-Dinkel, sa soeur ne reviendrait pas à la vie.

L’ex-infirmier du Minnesota avait été reconnu coupable en 2014 d’avoir poussé au suicide Nadia Kajouji, 18 ans, originaire de Brampton en Ontario. La jeune fille s’était jetée dans les eaux glacées du canal Rideau en 2008.

Or, la Cour d’appel du Minnesota a tranché lundi qu’il n’y avait pas de preuve suffisante pour maintenir la condamnation de Melchert-Dinkel en lien avec la mort de l’étudiante.

La peine de 180 jours en prison n’était pas assez sévère à l’origine et aucune peine ne ramènera Nadia Kajouji, a souligné son frère Marc, en entrevue avec La Presse Canadienne depuis Puerto Rico, où il vit maintenant.

Les membres de sa famille semblent avoir d’une certaine façon tourné la page sur le drame, même s’ils n’oublieront jamais le suicide de la jeune fille, qui les a «brisés», selon Marc Kajouji.

Son père, Mohamed Kajouji, a trouvé la paix dans son pays natal, le Maroc, où il passe une bonne partie de son temps avec sa famille.

«Il va beaucoup mieux, mais c’est toujours aussi douloureux pour nous tous — les anniversaires, le jour où elle a été portée disparue, les fêtes, l’Halloween», a-t-il confié.

La cour américaine a toutefois maintenu le verdict de culpabilité contre Melchert-Dinkel pour avoir contribué au suicide de Mark Drybrough, un Britannique de 32 ans. L’homme lui avait indiqué le mode d’emploi détaillé pour se pendre.

Contrairement aux autres pays du G7, le Canada ne dispose d’aucune stratégie nationale de prévention contre le suicide. Une loi instaurant un tel programme a été adoptée en 2012, mais rien n’a changé depuis, a déploré Rory Butler, fondateur de l’organisme Your Life Counts.

Marc Kajouji promet de continuer de citer l’exemple de sa soeur pour sensibiliser les Canadiens à la cause du suicide.

«Quand quelqu’un se suicide aujourd’hui, personne ne va vraiment le savoir au-delà de la famille. Je me sens privilégié de pouvoir parler au nom de Nadia et nous tirons un peu de fierté de pouvoir sensibiliser les gens au problème», a ajouté M. Kajouji.

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