Le journaliste canadien Mohammed Fahmy de plus en plus optimiste sur son sort

LE CAIRE, Égypte – Le journaliste canadien Mohammed Fahmy et ses deux collègues du réseau anglophone d’Al-Jazeera attendent impatiemment le verdict d’un tribunal égyptien en lien avec des accusations de terrorisme, qui devrait tomber samedi.

M. Fahmy, qui était le chef de bureau au Caire pour le réseau de télévision qatari, s’est dit particulièrement optimiste puisque de hauts représentants égyptiens ont accepté de rencontrer son avocate, Amal Clooney, qui est arrivée en Égypte pour le représenter à l’audience de samedi.

Selon lui, le fait que le gouvernement égyptien ait répondu à la requête de Me Clooney est «un bon signe», puisque la présidence et les ministres des Affaires étrangères et de la Justice ont dû approuver la rencontre.

Le journaliste australien Peter Greste — qui a été déporté dans son pays il y a quelques mois — et le producteur égyptien Baher Mohammed attendent également le jugement.

Les trois hommes ont été arrêtés en décembre 2013 dans leur hôtel par les forces de sécurité égyptiennes. Ils ont plus tard été accusés d’avoir appuyé les Frères musulmans — une organisation considérée par le gouvernement comme étant terroriste et qui est désormais interdite au pays. On leur reproche aussi d’avoir falsifié leurs reportages afin de mettre la sécurité nationale en péril.

Au terme d’un procès controversé, ils avaient été condamnés à dix ans de prison, avant que la plus haute cour du pays n’ordonne la tenue d’un autre procès. M. Greste est en Australie, mais MM. Fahmy et Mohammed ont été libérés sous caution et il leur est interdit de quitter l’Égypte.

Dans un communiqué publié vendredi, l’organisme Reporters sans frontière (RSF) a plaidé pour l’acquittement des trois journalistes.

«Le procès des journalistes d’Al-Jazeera, qui semble aussi un procès politique de la chaîne elle-même, est emblématique de l’état de la liberté de l’information aujourd’hui en Égypte. RSF exhorte les autorités égyptiennes à clore le procès Al-Jazeera en abandonnant toute (accusation) à l’encontre des journalistes. La mascarade judiciaire doit être soldée par un acquittement général», a affirmé Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

Baher Mohammed martèle qu’il n’a rien fait de mal dans le cadre de son travail de journaliste. Il a indiqué que son procès prenait moins d’importance actuellement alors qu’il célèbre le premier anniversaire de son fils, qui est né lorsqu’il était en prison.

«Je n’étais pas là l’année dernière, alors cette année, c’est génial. Dieu merci, je suis avec ma famille», s’est-il réjoui.