Le juge refuse de libérer sous caution le journaliste canado-égyptien au Caire

CAIRE, Égypte – Un journaliste canado-égyptien en procès au Caire a demandé directement au juge, lundi, de le libérer, faisant valoir que les accusations de terrorisme pesant contre lui sont non fondées.

Mohamed Fahmy, âgé de 40 ans, est détenu depuis son arrestation, le 29 décembre, avec deux autres de ses collègues — l’Australien Peter Greste et l’Égyptien Baher Mohamed —, à l’emploi de la chaîne qatari de nouvelles Al-Jazira. Il s’agit des premiers cas d’accusations reliées au terrorisme contre des journalistes en Égypte.

Le juge Mohammed Nagi Shehata a rejeté lundi la requête de libération sous caution des trois accusés au cours de cette quatrième journée d’audience du procès ayant débuté le 20 février. Le procès a été ajourné jusqu’au 10 avril.

Ces trois hommes — et 17 autres journalistes ou militants — sont accusés par les autorités égyptiennes d’avoir offert une plateforme pour les partisans du président islamiste déchu Mohammed Morsi et ses Frères musulmans, un parti déclaré organisation terroriste par le gouvernement. Leur famille et leur employeur affirment que les accusés ne faisaient qu’accomplir leur travail de journaliste.

Le magistrat a accordé aux trois hommes la possibilité de se présenter devant lui et de faire valoir leur cause directement, alors que généralement, les accusés demeurent dans un endroit clos durant les audiences.

Mohamed Fahmy a réclamé lundi d’être acquitté. Il a dit au juge qu’il était un homme libéral, consommateur d’alcool, ayant longtemps vécu à l’étranger, et il a demandé au magistrat s’il avait déjà entendu parler d’un «terroriste musulman buvant de l’alcool».

L’Australien Peter Greste a tenu le même genre de propos en cour. «L’idée que je puisse avoir une association avec les Frères musulmans est franchement grotesque», a-t-il soutenu.

Outre les trois collègues journalistes, cinq autres accusés étaient en cour, lundi. Les 12 autres sont traduits en justice en leur absence.

Mohamed Fahmy et ses collègues ont plaidé non coupable.

La famille de M. Fahmy avait immigré au Canada en 1991. Il a vécu à Montréal et Vancouver pendant de nombreuses années, avant de se lancer dans le journalisme à l’international, travaillant entre autres pour le New York Times et la chaîne CNN.