Un nouvel accord commercial sera globalement positif pour le Québec, dit Daoust

QUÉBEC – Certains producteurs agricoles québécois subiront les conséquences d’un nouvel accord commercial mais son impact sera globalement positif pour l’économie québécoise, a déclaré lundi le ministre de l’Économie, Jacques Daoust.

M. Daoust a affirmé que les industries québécoises dans le secteur de l’aéronautique, du bois, des pâtes et papiers ainsi que des métaux profiteront de la disparition progressive de droits de douanes grâce au Partenariat transpacifique (PTP).

Pour M. Daoust, malgré des impacts négatifs en agroalimentaire, le Québec profitera de cet accès facilité à un marché de 800 millions de consommateurs.

«Pour les gens qui vivent de l’entente sur le lait, c’est sûr que ça leur fait mal mais sur le total, moi d’un point de vue économie, je suis obligé de dire non, c’est un bon accord, a-t-il dit en conférence de presse. C’est bon pour le Québec.»

Le gouvernement québécois a toutefois échoué dans sa tentative d’épargner les producteurs de lait, d’oeufs et de volailles qui bénéficient des protections reliées à la gestion de l’offre, a reconnu M. Daoust.

Il a rappelé qu’il avait demandé au ministre du Commerce international, Ed Fast, de protéger la gestion de l’offre et non pas de proposer une compensation pour les agriculteurs pour les impacts du PTP, la semaine dernière.

«Dans le moment ce n’est pas une compensation qu’on veut, on veut que ce soit maintenu. Parce qu’une compensation, c’est un constat d’échec, a-t-il dit en rappelant ses propos. Alors le fait qu’on nous donne une compensation, il y a une partie qui est un échec.»

L’entente conclue entre le Canada et 11 pays de la zone pacifique, dont certains détails ont été dévoilés lundi, prévoit une compensation de 4,3 milliards $ pour les agriculteurs du Canada.

Aux côtés de M. Daoust, le ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, a fait valoir que les discussions avec M. Fast, en marge des négociations à Atlanta la semaine dernière, ont permis de réduire la part du marché du lait canadien qui sera ouverte aux importations des pays signataires du PTP.

«Les conversations avec M. Fast ont été viriles, a-t-il dit. On est parti avec une situation où on parlait d’une atteinte à nos importations de l’ordre de 10 pour cent. Notre but évidemment c’était que ce soit zéro, mais on ressort de là à 3,25 pour cent.»

Selon M. Paradis, des pressions peuvent encore être exercées sur Ottawa pour atténuer l’impact du PTP subi par les producteurs sous gestion de l’offre, qui comptent pour 40 pour cent du secteur agroalimentaire.

Le ministre a évoqué un resserrement des contrôles douaniers sur les substituts du lait, une interdiction formelle aux importations de lait produit avec des hormones de croissance, ainsi qu’une compensation adéquate des dommages subis à cause du PTP.

«On a besoin d’éclaircissements», a-t-il dit.

Le maintien des trois piliers de la gestion de l’offre, soit le contrôle de la production, de l’importation et du prix, dépend des résultats qui seront obtenus, a indiqué le ministre.

«Maintenant, est-ce que ces piliers-là ont été légèrement affaiblis par les concessions qui ont été faites? S’il y a un meilleur contrôle douanier, on les renforcit. S’il y a des normes de réciprocité, on les renforcit comme tel. Et si les compensations sont correctes, on les maintient debout.»

Au chapitre des producteurs qui devraient profiter de l’accès aux marchés étrangers facilité par le PTP, M. Paradis a évoqué le secteur du porc, des canneberges et du sirop d’érable.

Alors que certaines craintes ont été exprimées concernant l’impact sur le secteur québécois des pièces automobiles, M. Daoust a estimé que l’ouverture de nouveaux marchés compensera l’arrivée au Québec de produits fabriqués chez les pays signataires du PTP.

«On parle de quelque chose de bien marginal, a-t-il dit. Si je peux exporter maintenant vers le Japon, la Malaisie avec des droits de douanes qui s’en vont en diminuant, l’avantage compense largement les inconvénients.»

Le député péquiste André Villeneuve a accusé lundi M. Paradis d’avoir mal représenté les intérêts du Québec dans ce dossier.

«C’est très clair qu’il y a une brèche importante, qui vient d’être faite, une brèche de plus dans la gestion de l’offre, a-t-il dit. Alors, c’est très clair que c’est une brèche de plus. C’est très clair que nos producteurs ont été abandonnés.»

M. Villeneuve a dénoncé le déséquilibre dont pourraient souffrir les producteurs agricoles à cause des conditions présentées lundi en vertu de l’entente de principe.

«Les États étrangers qui subventionnent à coups de milliards leurs industries du lait, de la volaille et des oeufs pourront profiter de notre marché très stable grâce à la gestion de l’offre, alors que nos propres producteurs ne reçoivent pas un sou de subvention», a-t-il dit.