Le ministre des Anciens Combattants fustige une campagne publicitaire

OTTAWA – Qualifiant de «grandement irresponsable» une campagne de l’Alliance de la fonction publique du Canada, le ministre des Anciens Combattants accuse le syndicat de vouloir délibérément induire en erreur la population.

Dans un message vidéo, le syndicat utilise les histoires de soldats à la retraite pour mettre en lumière les impacts de la fermeture en 2013 et 2014 de neuf bureaux de services aux anciens combattants.

Selon les témoignages, l’état de leur santé mentale est exacerbé par le fait qu’ils ne peuvent plus recevoir des services en personne dans leur ville.

Dans une lettre virulente adressée à l’Alliance de la fonction publique du Canada, le ministre Erin O’Toole qualifie la publicité de campagne de peur.

Il affirme que les vidéos visent à donner au public la fausse impression qu’il n’y a aucun service public disponible où que ce soit pour les anciens combattants.

«Votre campagne publique relève un enjeu concernant neuf bureaux administratifs, tout en cherchant à induire en erreur les vétérans, leurs familles et tous les Canadiens en faisant croire que le seul accès aux soins médicaux et de santé mentale d’Anciens Combattants Canada passe par un numéro de téléphone sans frais», écrit M. O’Toole dans la lettre datée du 4 juin.

«À aucun moment vous informez les vétérans et leurs familles que 27 cliniques de santé mentale de première ligne ont été ouvertes ou ouvriront prochainement, ou faites mention des 31 nouveaux centres intégrés de soutien des Anciens Combattants et des Forces armées canadiennes», ajoute-t-il.

Selon lui, le syndicat nuit à ses propres membres qui travaillent à fournir des services aux vétérans.

Le syndicat persiste et signe malgré les commentaires du ministre.

«Je suis troublée de voir que le ministre O’Toole tenterait de faire taire les voix de vétérans. (…) Ces anciens combattants parlent en leur propre nom et continuent de le faire. Ils disent se sentir abandonnés étant donné qu’il n’y a plus de bureau du ministère dans leurs communautés pour recevoir des services immédiats et en personne», a fait valoir par courriel la présidente nationale de l’Alliance de la fonction publique du Canada, Robyn Benson.

Le gouvernement fédéral est pris à partie depuis un certain temps relativement aux coupes imposées au ministère des Anciens Combattants.

Un rapport du vérificateur général, publié à la fin de l’année dernière, affirmait qu’un vétéran sur cinq réclamant des soins de santé mentale devait attendre jusqu’à huit mois pour que sa requête soit examinée.

Neuf bureaux régionaux offrant des services aux ex-soldats ont été fermés au début de 2014 malgré les plaintes adressées à l’ex-ministre des Anciens Combattants Julian Fantino.

Mais les conservateurs soutiennent que les services ont été augmentés, grâce à l’offre de programmes pour les vétérans dans des bureaux fournissant aussi d’autres services gouvernementaux.