Le mouvement souverainiste est nuisible, selon Philippe Couillard

SAINT-GEORGES, Qc – Philippe Couillard en rajoute sur les dangers de l’indépendance du Québec.

Après avoir déclaré que la souveraineté se ferait au prix d’années de souffrance, il estime maintenant que l’ensemble du mouvement souverainiste est carrément «nuisible» et doit renoncer à son projet, pour le bonheur des Québécois.

Cela s’inscrit en droite ligne dans son intention avouée un peu plus tôt ce mois-ci de «ne pas laisser un pouce aux souverainistes».

Au terme du caucus présessionnel de deux jours des députés du Parti libéral dans un hôtel de Saint-Georges, M. Couillard a encore une fois durci le ton, vendredi, contre les troupes souverainistes, Pierre Karl Péladeau en tête.

«L’idée (de l’indépendance) elle-même est légitime, comme toutes les idées, a-t-il déclaré en conférence de presse. Mais ce mouvement politique est devenu nuisible pour les Québécois et le Québec, pour l’avenir du Québec. Nuisible pour les finances publiques, pour la prospérité et le niveau de vie des Québécois.»

Appelé à préciser ses propos, il a par la suite laissé entendre qu’il faut que les indépendantistes renoncent à leur projet pour «le bonheur et la prospérité des Québécois», et non seulement pour ne pas nuire à la cote de crédit du Québec.

Il a répété que l’indépendance était une idée d’un autre siècle qui a été incapable de se moderniser et dont on est incapable de prouver les bénéfices.

Les souverainistes font «l’apologie d’une illusion» qui va imposer aux Québécois des années de difficultés majeures, a-t-il poursuivi, et rien de ce que vivent actuellement les Québécois ne mérite ce genre de sacrifices.

«Nos adversaires du Parti québécois confirment leur déconnexion complète des véritables priorités et besoins du Québec», a ajouté le chef libéral, en faisant référence aux chasseurs F-18 des Forces aériennes canadiennes évoqués par Pierre Karl Péladeau, qui voulait ainsi récupérer la part des actifs fédéraux revenant à un éventuel Québec souverain.

Cependant, il n’en tient qu’aux péquistes à renoncer à leur credo, selon M. Couillard, qui ajoute qu’ils doivent se poser des «questions sérieuses».

Le premier ministre donne en exemple la jeunesse, qui n’est plus accrochée à ce projet, «ils ne sont plus là».

Il a plaidé pour la «modernité du système fédéral pour faire coexister les gens, les faire vivre en paix, moi ça m’accroche, cette modernité».

À M. Péladeau qui lui reproche de n’avoir comme projet que de retirer un chèque de péréquation du fédéral en martelant qu’Ottawa verse 15 milliards $ de plus au Québec que ce qu’il y perçoit en taxes et impôts, M. Couillard a rétorqué que cela démontre que le Québec a une «économie et des finances publiques qui ne pourraient supporter le traumatisme» de l’indépendance.