Le NPD, s’il est élu, promet la nomination d’un ministre aux Affaires urbaines

MONTRÉAL – Toujours galvanisé par la victoire électorale provinciale du NPD en Alberta, le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a participé à un rassemblement à forte saveur électorale à Montréal vendredi soir, promettant notamment la nomination d’un ministre aux Affaires urbaines.

Ce ministre «va travailler avec les provinces et les territoires sur des dossiers vitaux pour nos villes comme le transport en commun, l’infrastructure et le logement social». Et elles auront ainsi une voix au conseil des ministres du Canada, a-t-il fait valoir.

Pour le chef néo-démocrate, il est inacceptable que les maires n’aient personne à qui parler à Ottawa. Et cela, même si le ministre Denis Lebel, en plus d’avoir le portefeuille de l’Infrastructure, est aussi le ministre responsable de l’Agence de développement économique de la région du Québec.

La promesse électorale de M. Mulcair de nommer un ministre pour faire rayonner les métropoles avait déjà été esquissée récemment lors de rassemblements similaires à Vancouver et à Toronto.

Mais à Montréal, la promesse a pris des allures de campagne de séduction envers le maire Denis Coderre, un ancien adversaire libéral à Ottawa.

«Pour les conservateurs, Montréal n’est pas une priorité», a lancé le chef.

«Un gouvernement fédéral du NPD travaillera avec le maire Coderre et les autres élus de Montréal pour faire rayonner la métropole au Québec, au Canada et partout dans le monde», a-t-il déclaré.

Miser sur les métropoles, notamment en se disant à l’écoute de leurs besoins de cette façon, pourrait aussi être vu comme une manoeuvre électorale, puisque les conservateurs peinent à séduire la population des grandes villes.

Le ministre conservateur de l’Infrastructure, Denis Lebel, n’a pas tardé à montrer du doigt l’initiative, soutenant que le NPD voulait s’immiscer dans des champs de compétences provinciaux, puisque les municipalités relèvent des provinces.

Dans un courriel, le bureau du ministre a aussi indiqué: «Nous sommes très fiers des investissements de notre gouvernement dans la grande région de Montréal : GPF1, Quartier des spectacles, Musée des beaux-arts, Maison des grands ballets canadiens, le métro de Montréal, l’autoroute 30, le Nouveau pont Champlain et j’en passe.»

Vers octobre 2015

Dans son discours, le chef Mulcair a aussi martelé que le NPD incarne le changement en politique.

«Quand les Canadiens ont soif de vrai changement, c’est vers le NPD qu’ils se tournent», a-t-il déclaré.

Les références à la victoire néo-démocrate lors de l’élection provinciale de mardi en Alberta étaient prévisibles vendredi soir, et elles ont été nombreuses. Le gouvernement majoritaire néo-démocrate nouvellement en poste — un événement qui a bouleversé le paysage politique et délogé le parti conservateur au pouvoir depuis 44 ans — était d’ailleurs en partie responsable de l’enthousiasme qui régnait dans la salle.

Interrogé à savoir si la récupération de cette victoire électorale n’est pas un peu exagérée, le député néo-démocrate montréalais Alexandre Boulerice a rétorqué: «Cela ne veut pas dire que 1 et 1 font 2. Mais à chaque fois que l’on disait ‘c’est impossible’, et bien, on l’a fait.»

Mais le NPD devra faire face à un nouveau leader chez les libéraux, Justin Trudeau, qui se targue aussi de représenter le changement. Mais pas selon M. Boulerice.

«Quand on regarde comment les libéraux ont voté avec les conservateurs ces dernières années, dans des gouvernements minoritaires, ils ont souvent sauvé la peau des conservateurs. Sur le projet de loi antiterroriste, ils sont contre mais votent avec les conservateurs de Stephen Harper. Sur les baisses d’impôts aux entreprises, sur le pipeline Keystone XL, ils sont là où logent les conservateurs.»

«Ce n’est pas du vrai changement», a-t-il martelé.

En s’adressant à ses militants, le chef Thomas Mulcair a réitéré certains des engagements déjà annoncés de son parti, comme ramener l’âge de la retraite de 67 à 65 ans et annuler les coupes faites par les conservateurs de 115 millions $ à Radio-Canada.

Il avait été accueilli comme une vedette par les centaines de militants enflammés, qui se pratiquaient à «faire la vague» dans une salle du Palais des congrès de Montréal, bien avant l’arrivée du chef.

Il n’y a pas eu de séance de questions-réponses avec les journalistes.

Le NPD tient son conseil général de la section du Québec à Montréal en fin de semaine et se concentrera sur la formation des troupes et la préparation électorale.