Le pdg de Loto-Québec, Gérard Bibeau, quittera pour la retraite

MONTRÉAL – Quatre ans et demi après son arrivée aux commandes de Loto-Québec, Gérard Bibeau quittera pour la retraite le 31 mars prochain, un peu plus de six mois avant la fin de son mandat.

La nouvelle a tout d’abord été annoncée aux gestionnaires de la société d’État et une note interne, obtenue par La Presse Canadienne, a par la suite été transmise, jeudi, aux employés.

Dans sa missive, M. Bibeau, un avocat de formation ayant occupé plusieurs postes au sein de la fonction publique québécoise, dit avoir pris sa décision pour des motifs personnels.

«C’est quelqu’un qui vit à Québec et qui travaille à Montréal, a expliqué le porte-parole de la société d’État, Patrice Lavoie. Il effectuait le voyagement entre les deux villes depuis sa nomination. Il a envie de se consacrer à sa famille et ses projets personnels.»

Sans évoquer le processus visant à trouver la personne qui succédera au grand patron de Loto-Québec, M. Lavoie a expliqué que M. Bibeau continuera d’épauler le conseil d’administration et le conseil de direction dans le cadre du virage divertissement qui s’opère dans ses maisons de jeux depuis un certain temps.

«M. Bibeau a décidé de terminer l’exercice (31 mars) pour ne pas ensuite quitter en plein milieu d’année», a souligné le porte-parole de Loto-Québec.

Étant donné qu’il quitte pour la retraite, le grand patron de la société d’État, qui a touché un salaire de 375 201 $ lors de l’exercice 2014-2015, ne touchera pas d’indemnité de départ, a-t-on appris. Il est par ailleurs admissible au Régime de retraite de l’administration supérieure, auquel ont droit les hauts dirigeants de la fonction publique.

Loto-Québec, qui n’a va pu ses profits et revenus croître sur un exercice complet depuis 2008-2009, a «traversé une période difficile posant de grands défis», concède M. Bibeau dans sa note interne.

«Tous les changements de la dernière année et ceux à venir sont apportés dans une optique d’efficience et de convergence pour bien positionner Loto-Québec dans le domaine du divertissement», souligne aux employés M. Bibeau.

À quelques occasions dans le passé, le grand patron de Loto-Québec a été la cible de critiques de la part de différents élus à l’Assemblée nationale, notamment en raison des résultats en baisse de Loto-Québec. M. Bibeau avait toutefois reçu en juillet dernier un vote de confiance de la part du ministre des Finances, Carlos Leitao.

M. Bibeau profite par ailleurs de son message aux employés pour affirmer que la nouvelle stratégie «fonctionne et que la tendance se renverse».

Au deuxième trimestre terminé le 29 juin, la société d’État a réalisé des profits de 298,7 millions $, en hausse de 2,6 pour cent, en plus de générer des revenus de 860,5 millions $, en progression de 0,9 pour cent.

Outre certaines initiatives visant à rehausser l’achalandage dans ses casinos, Loto-Québec avait entre autres attribué cette performance à l’ampleur des gros lots offerts au cours de cette période de trois mois.

Sur des trimestres comparables avec le même nombre de jours, il faut remonter au deuxième trimestre de l’exercice 2012-2013 pour constater la dernière augmentation du bénéfice net ainsi que du chiffre d’affaires.

«Il y a encore beaucoup de défis qui nous attendent, écrit M. Bibeau dans sa lettre. Dans l’immédiat, celui de l’atteinte de notre cible de (dividende au gouvernement de) 1,154 milliard $ au 31 mars 2016 est primordial. Ce n’est plus une cible, c’est aussi pour nous une question de fierté.»

Certains avaient estimé que la nomination en 2011 de M. Bibeau à la tête de la société d’État était de nature partisane, puisque ce dernier était alors secrétaire général — le grand patron des fonctionnaires — du gouvernement libéral de Jean Charest.