Le rattrapage salarial des médecins est largement complété, dit Couillard

QUÉBEC – Le rattrapage salarial des médecins est bel et bien complété, estime le premier ministre Philippe Couillard, qui prévient que la prochaine négociation devra bénéficier entièrement aux patients.

Entouré d’une poignée de députés pour la conclusion des travaux parlementaires de l’Assemblée nationale, ajournés vendredi pour la période des fêtes, M. Couillard a affirmé que la correction avait été «largement faite».

«Je pense que là ça suffit», a-t-il répondu, en point de presse, après avoir été questionné quant à savoir si les médecins étaient trop payés.

Cette question fait les manchettes depuis que le rapport de la vérificatrice générale déposé vendredi dernier soulignait entre autres que les médecins avaient reçu plus de 415 millions $ d’honoraires en surplus entre 2010 et 2015.

Ces derniers sont aussi assurés de toucher au moins 200 millions $ dans le cadre des augmentations versées au personnel des secteurs public et parapublic une fois que les négociations seront conclues.

«Le signal que j’envoie à la profession médicale, c’est que la prochaine négociation va se faire au bénéfice entier des patients, a affirmé M. Couillard. Ça, c’est quelque chose qui va être très clair.»

En début de journée, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait lancé un message similaire, affirmant qu’il faudrait «bien, bien des arguments» pour le convaincre que le salaire des médecins n’est pas encore adéquat.

Le premier ministre n’a par ailleurs pas été en mesure de préciser clairement quand la ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, actuellement en congé de maladie, reviendra à l’Assemblée nationale et si elle conservera son poste au cabinet.

«J’ai eu l’occasion récemment de parler à Mme Thériault, qui se remet, mais qui est en encore en période de récupération», a affirmé M. Couillard, ajoutant que cette dernière sera «toujours» une «partie importante» de l’équipe libérale.

Le 29 octobre dernier, Mme Thériault avait quitté temporairement ses fonctions pour des raisons de santé dans la foulée de critiques concernant sa gestion d’allégations de mauvais traitements et d’agressions sexuelles formulées par des femmes autochtones contre des policiers de la Sûreté du Québec à Val-d’Or.

Elle a depuis été remplacée de façon intérimaire par le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, qui cumule deux fonctions, ce qui a relancé les rumeurs de remaniement. À l’entrée du caucus, en matinée, ce dernier a avoué avoir ressenti «un peu» le poids de la plus récente session parlementaire, prenant toutefois le soin d’ajouter qu’il était stimulé par son travail.

Sur la possibilité d’un éventuel remaniement ministériel, le premier ministre est demeuré évasif, se contentant de répéter à plus d’une reprise qu’il cherchait constamment des façons d’«améliorer son équipe».

«Je suis très fier de la qualité de mon équipe», s’est limité à dire M. Couillard.

En octobre dernier, en mission à Chicago, le premier ministre avait évoqué l’échéance de la session parlementaire pour un éventuel remaniement ministériel, sans toutefois confirmer que cela était une certitude.

M. Couillard avait revu son alignement en février dernier lorsque Yves Bolduc avait démissionné de son poste de ministre de l’Éducation. François Blais l’avait remplacé et le portefeuille de l’Emploi avait été confié à Sam Hamad, qui était déjà ministre du Travail.

Plus tôt cette semaine, en Chambre, M. Couillard s’était montré évasif lorsque le chef caquiste François Legault lui avait demandé de confirmer que le ministre de l’Économie, Jacques Daoust, serait toujours en poste au retour du congé des fêtes.

En dressant son bilan, le premier ministre a estimé que la dernière session parlementaire avait été celle de «l’espoir» et de la «confiance», au cours de laquelle le retour au déficit zéro avait été une fois de plus confirmé.

«L’austérité toxique est un mythe qui vient de voler en éclats», a-t-il notamment affirmé.

S’il a concédé qu’une importante période de resserrement budgétaire avait été réalisée, le premier ministre a néanmoins prévenu que cela ne signifiait pas pour autant que l’État québécois allait se lancer dans d’importantes dépenses sans compter.