Le réfugié décédé était un Somalien souffrant de troubles mentaux

Un homme qui est décédé la semaine dernière dans des circonstances mystérieuses alors qu’il était détenu par les autorités canadiennes de l’immigration a été identifié comme un réfugié somalien qui a passé trois ans en prison et qui avait bien peu d’espoirs d’être libéré.

L’Agence des services frontaliers du Canada avait refusé de nommer Abdurahman Ibrahim Hassan, 39 ans, mais sa famille et des groupes de surveillance de l’immigration l’ont publiquement identifié.

Hassan, qui est aussi diabétique, est mort le 11 juin dans un hôpital de Peterborough, en Ontario, où il a été escorté par la police pour y subir des traitements dont on ne connaît pas la nature.

L’unité d’enquête spéciale, qui se charge de l’enquête puisque la police est impliquée, a indiqué que l’homme était «agité» et qu’il était mort après avoir été retenu par la police et le personnel médical.

Des sources ont indiqué que Hassan, qui souffrait de schizophrénie sévère, avait été accepté en tant que réfugié au Canada au milieu des années 1990. Il a été emprisonné en 2012 pour voie de fait et avait ensuite été transféré aux services de l’immigration.

Un «avis de danger» a conclu qu’il posait une menace à la population canadienne et il a été jugé inadmissible en dépit de son statut de réfugié, puis incarcéré dans une prison de l’est de l’Ontario il y a trois ans en attendant sa déportation vers la Somalie.

Cependant, en raison de la situation chaotique et dangereuse qui règne en Somalie, il semblait improbable que Hassan soit déporté ou relâché — en effet, il était indéfiniment détenu en raison d’une manoeuvre que des groupes de droits humains avaient décriée comme étant draconienne et contraire aux lois internationales.

D’autres immigrants emprisonnés sans procès ni accusations dans deux prisons de Toronto, en compagnie de leur famille, ont pris part à une grève de la faim d’une journée, vendredi, afin de protester contre le traitement réservé à Hassan.

Le groupe de surveillance End Immigration Detention a aussi exigé une enquête du coroner dans cette histoire.