Le Sénat et les Travaux publics s’affrontent sur les coûts de nouveaux bureaux

OTTAWA – Le Sénat soutient que le ministère fédéral des Travaux publics surestime les coûts pour des espaces de bureau temporaires pour les sénateurs, en utilisant des données qui ne correspondent plus à la réalité afin de présenter la chambre haute sous un mauvais jour.

Depuis des mois, le ministère des Travaux publics exhorte le Sénat à élargir d’un coin de rue au sud de la colline du Parlement sa recherche d’espaces locatifs afin d’éviter un coût supplémentaire évalué à 24,5 millions $ sur 13 ans.

Mais le Sénat affirme que le ministère utilise des données n’ayant pas été mises à jour qui surestiment les coûts de location dans le marché du centre-ville d’Ottawa.

Un rapport d’un consultant commandité par le Sénat, l’an dernier, montre que les Travaux publics utilisent un coût annuel de location de 750 $ par mètre carré d’espace, soit environ 3 millions $ par année pour les besoins du Sénat.

Un responsable du Sénat, n’étant pas autorisé à parler du rapport n’ayant pas été dévoilé, affirme que les données remontent à environ dix ans, et que les tarifs actuels ont baissé à environ 540 $ par mètre carré, ou environ 2,16 millions $ par année pour les besoins d’espace du Sénat.

La différence entre les deux portraits est d’environ 11 millions $ sur 13 ans — moins de la moitié de l’évaluation des Travaux publics.

Le ministère n’a pas répondu dans l’immédiat à une requête pour commenter, lundi, mais avait dit précédemment que son évaluation était basée sur le fait d’avoir à procéder par soumission, plutôt que de négocier directement avec un propriétaire.

Le ministère souhaitait au départ s’éloigner encore davantage de la colline du Parlement que le coin de rue désormais évoqué, souligne le premier conseiller juridique du Sénat, Michel Patrice.

Selon lui, une trop grande distance à parcourir ferait augmenter les prix pour les contribuables d’éléments tels que le transport et le soutien technique.

Le différend a fait l’objet de railleries, lundi, à la Chambre des communes, certains illustrant qu’un coin de rue de distance pourrait signifier des coûts supplémentaires pour les contribuables de 24,5 millions $.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a blagué que le coin de rue supplémentaire coûterait 270 000 $ «par pas de sénateur».