Le service des incendies de Six Nations en Ontario peine à suffire à la tâche

TORONTO – Une série d’incendies suspects, des pompiers volontaires inexpérimentés et une échelle trop courte n’ont pas été suffisants pour empêcher le service des incendies de la Première Nation la plus populeuse du Canada, établie dans le sud-ouest de l’Ontario, de faire son travail.

Toutefois, le chef des pompiers de Six Nations of the Grand River, Matthew Miller, assure qu’il se prépare pour une inévitable catastrophe, car les appels d’urgence ne cessent de se multiplier et le roulement de personnel est constant, tout comme la lutte pour joindre les deux bouts.

M. Miller a affirmé que son service recevait environ le double d’appels d’urgence que les municipalités de taille similaire — soit environ 12 000 habitants —, mais seulement le tiers de leur financement. Et ce, même si les statistiques du gouvernement fédéral démontrent que les Premières Nations qui habitent dans des réserves ont environ 10 fois plus de risque de mourir dans un incendie.

Le chef des pompiers de Six Nations a fait remarquer que tout son personnel «s’épuise et est sur le point d’atteindre ses limites, physiquement et mentalement». Les 21 pompiers volontaires à temps partiel ont tous des emplois rémunérés à temps plein, et plusieurs n’ont pas reçu de formation adéquate.

M. Miller a souligné que le service des incendies recevait deux ou trois appels d’urgence par jour — environ 700 par année — et que si ce nombre venait à augmenter, il ne serait plus en mesure de gérer la situation. Ne rien faire pour remédier à la situation signifie à son avis «courir à la catastrophe».

Jusqu’à présent cette année, la communauté a connu dix incendies de domicile, un incendie d’envergure d’origine chimique à son centre de recyclage et neuf incendies suspects, actuellement sous enquête.

Les services des incendies des communautés voisines sont souvent appelés en renfort pour les urgences d’envergure, une «solution de fortune», selon le chef Miller.

Le ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels de l’Ontario, Yasir Naqvi, s’est rendu à Six Nations of the Grand River le 6 juin pour faire une évaluation des services d’urgence, à l’invitation du chef Ava Hill. Le ministre Naqvi a assuré qu’il demanderait au ministre fédéral de la Sécurité publique et de la Protection civile, Steven Blaney, de répondre aux préoccupations sécuritaires de la communauté.

M. Miller a de son côté écrit au chef libéral Justin Trudeau à ce sujet mercredi dernier.

Affaires autochtones et Développement du Nord Canada a précisé dans un communiqué qu’il allouait annuellement 26 millions $ pour la protection contre les incendies dans les réserves à travers le Canada.