L’écrasement du vol d’Air Algérie n’a laissé aucun survivant, dit la France

MONTRÉAL – L’écrasement du vol AH 5017 d’Air Algérie n’a laissé aucun survivant, a affirmé vendredi le président français François Hollande. Il aussi ajouté qu’une boîte noire avait été récupérée, ce qui devrait permettre d’en savoir plus sur cet écrasement lors de fortes pluies jeudi au Mali, près de la frontière du Burkina Faso.

L’hypothèse d’un geste terroriste n’a pas été écarté, bien que les autorités disent que le mauvais temps est l’explication la plus probable pour la catastrophe.

Plus de 200 soldats surveillent le site de l’écrasement avant l’arrivée, prévue samedi, d’enquêteurs français, a indiqué le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Les débris se trouvent au Mali, près de la frontière avec le Burkina Faso, dans une zone «de savanes et de sables très difficile d’accès, particulièrement durant la saison des pluies», a dit M. Fabius lors d’une conférence de presse à Paris aux côtés des ministres de la Défense et des Transports.

MM. Fabius et Hollande ont fait état d’un bilan des morts accru à 118 personnes, incluant 54 Français. Air Algérie et le transporteur privé espagnol Swiftair, qui exploitait le vol 5017, affirmaient jeudi qu’il y avait 116 personnes à bord.

Onze Canadiens — cinq citoyens et six résidents permanents — figurent parmi les victimes de l’écrasement du vol AH 5017 d’Air Algérie. Tous habitaient le Québec ou s’apprêtaient à s’y installer, selon les informations de l’Association des Burkinabé du grand Montréal qui semblent corroborer celles contenues dans une liste de victimes.

Il s’agit du troisième désastre aérien majeur à survenir dans le monde en une semaine.

L’avion affrété par Air Algérie, qui appartenait au transporteur espagnol Swiftair, est disparu des radars moins d’une heure après son décollage de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, à destination d’Alger.

Des avions de l’armée française, des casques bleus de l’ONU au Mali et d’autres responsables ont cherché pendant plusieurs heures des signes de la carlingue de l’avion MD-83 dans une vaste région désertique et isolée.

L’avion a finalement été retrouvé à environ 50 kilomètres de la frontière du Burkina Faso, près du village de Boulikessi au Mali, a indiqué un proche collaborateur de la présidence burkinabè.

«Nous avons envoyé des hommes sur les lieux, avec l’accord du gouvernement du Mali, et ils ont trouvé l’épave de l’avion avec l’aide des habitants de la région», a expliqué le général Dienéré, un proche du président Blaise Compaoré, qui dirige le comité d’urgence mis sur pied pour coordonner les recherches.

«Ils ont trouvé des restes humains et des morceaux de l’avion totalement calcinés et éparpillés», a-t-il ajouté.

Le président français a indiqué à l’Associated Press que des secouristes avaient été envoyés dans cette région après qu’un habitant eut affirmé avoir vu un avion s’écraser à environ 80 kilomètres au sud-ouest de Gossi, au Mali. Le gouvernement burkinabè a décrété un deuil national de 48 heures.

La télévision publique malienne a également annoncé que la carlingue avait été retrouvée dans le village de Boulikessi par un hélicoptère venu du Burkina Faso.

Le premier ministre Stephen Harper a confirmé, jeudi après-midi, qu’il y avait des Canadiens à bord du vol AH 5017, mais le ministère des Affaires étrangères n’a pas dévoilé l’identité des victimes canadiennes.

Le ministère des Transports du Burkina Faso faisait état de cinq Canadiens à bord de l’avion, une information qui n’a pas été confirmée par le gouvernement canadien.

Un homme d’origine burkinabè, Mamadou Zoungrna, qui travaille à l’hôpital de Papineau à Gatineau, a déclaré à Radio-Canada que sa femme et leurs deux fils, âgés de 6 et 13 ans, étaient à bord de l’avion. Selon Radio-Canada, ils n’étaient pas citoyens canadiens mais devaient venir s’installer au Canada.

M. Harper s’est dit consterné par la catastrophe. «Nos pensées et nos prières accompagnent les familles et amis des passagers et des membres d’équipage qui ont perdu la vie dans cette tragédie», a-t-il déclaré dans un communiqué.

Il a ajouté que le gouvernement canadien restait en contact avec les autorités concernées sur place et fournissait son assistance sur le terrain en fonction des besoins.

L’appareil MD-83 avait quitté la capitale du Burkina Faso et devait se poser à Alger. Un communiqué d’Air Algérie, diffusé par l’agence de presse algérienne APS, a précisé que les contrôleurs aériens avaient eu leur dernier contact avec le vol AH 5017 environ 50 minutes après son décollage.

Swiftair a indiqué que l’avion volait avec un équipage composé de deux pilotes et de quatre agents de bord.

Selon le ministre des Transports du Burkina Faso, Jean Bertin Ouedraogo, tout juste avant la disparition de l’avion, les pilotes avaient envoyé un message pour demander aux contrôleurs aériens nigériens de modifier leur trajectoire à cause des fortes pluies.

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