L’efficacité des mammographies remise en question par des chercheurs américains

BOSTON – Une nouvelle étude américaine remet en question l’efficacité des mammographies effectuées pour détecter les cancers du sein.

Le taux de cancers découverts alors qu’ils se sont déjà répandus dans le reste du corps est resté stable depuis des décennies, laissant croire que le dépistage et la détection précoce ne permettent pas d’éviter les stades les plus dangereux de la maladie.

L’étude publiée mardi dans le «New England Journal of Medicine» a été réalisée par trois spécialistes du cancer bien connus du milieu et elle repose sur des statistiques fédérales remontant aux années 1970.

Sa sortie coïncide avec la publication d’un nouvel avis de la Société américaine du cancer, la semaine dernière, qui a recommandé aux femmes de commencer leurs tests annuels de dépistage à 45 ans au lieu de 40, et d’en effectuer aux deux ans à partir de 55 ans.

Il s’agit d’un débat «déroutant» pour le public, mais les spécialistes veulent d’abord et avant tout apporter des «correctifs» à l’idée que ces examens n’aient que de bons côtés, a expliqué le docteur H. Gilbert Welch, expert en politiques publiques de santé à l’école de médecine de Darthmouth et auteur principal de l’étude.

Le dépistage vise à détecter le cancer lorsqu’il est localisé et à une phase précoce, mais cela suppose que la tumeur commence à un seul endroit, qu’elle grossit et qu’elle se propage.

Si cela était toujours juste, les examens auraient pour effet de réduire le taux de cancers avancés, mais ce n’est pas le cas, écrivent les spécialistes dans leur étude, qui est co-écrite par le docteur David Gorski, de l’école de médecine de l’université d’État Wayne et le docteur Peter Albertsen, du centre de santé de l’université du Connecticut.

En fait, le taux de cancers détectés à un stade avancé est demeuré stable depuis 1975, malgré l’utilisation étendue de la mammographie depuis les années 1980.

L’âge moyen des femmes qui reçoivent un diagnostic de cancer est resté aussi sensiblement le même, autour de 63 ans — un autre signe qui laisse entendre que les cancers ne sont pas détectés plus tôt.

Les données suggèrent plutôt que certains cancers du sein sont déjà «systémiques», ou déjà répandus dès le début et, ainsi, que leur dépistage précoce a des conséquences limitées.

Laisser un commentaire