Léger accrochage lors d’une manifestation d’infirmières au parlement

QUÉBEC – Une manifestation d’infirmières qui protestaient contre l’obligation de faire des heures supplémentaires a donné lieu à un accrochage avec les services de sécurité, jeudi, à l’Assemblée nationale.

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Régine Laurent, a affirmé que des membres de son syndicat ont été bousculés parce qu’ils bloquaient le passage d’une voiture dans une rue derrière l’édifice.

«Je suis intervenue parce que je ne veux pas qu’on touche à mon monde. Il n’y a pas de raison qu’on se comporte comme ça, nous ne sommes pas des personnes menaçantes, alors je suis intervenue pour calmer les choses», a-t-elle dit par la suite aux journalistes.

Après avoir laissé passer le véhicule, Mme Laurent a obtenu que les manifestants puissent rester dans la rue, avant qu’ils se dispersent quelques minutes plus tard.

Cette bousculade qui a duré cinq minutes a été le seul incident d’une manifestation qui s’est déroulée calmement derrière l’Assemblée nationale.

Mme Laurent, dont les membres souhaitent obtenir de meilleures offres pour le renouvellement de leur convention collective, a expliqué que l’objectif du rassemblement était de retarder le départ des ministres.

«Trop rapidement et de façon trop brutale, je pense que c’étaient des agents de l’Assemblée nationale, qui ont voulu bousculer notre monde parce qu’une voiture voulait sortir et nous on voulait ralentir cette sortie-là», a-t-elle dit.

Selon la présidente de la FIQ, avec ce geste, ses membres voulaient illustrer ce qui est exigé des infirmières, qui doivent parfois prolonger leur quart de travail obligatoirement.

«C’est très pacifique comme manifestation, a-t-elle dit. L’idée était de ralentir les ministres pour leur dire: si ça vous dérange d’être retardés quelques minutes, imaginez pour nous ça veut dire huit heures.»

Mme Laurent a affirmé que la Ville de Québec n’avait pas été avertie de la manifestation, qui s’est décidée spontanément lors d’une rencontre de délégués syndicaux réunis à Québec.

Les infirmières doivent entériner la décision de leur exécutif de se retirer de la table de négociations ainsi qu’un nouveau plan d’action.

Selon Mme Laurent, les canaux de communication sont encore ouverts avec le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, dans l’espoir d’obtenir des offres bonifiées.

En point de presse plus tôt, M. Barrette a expliqué qu’il était ouvert à un élargissement du rôle des infirmières dans le réseau de la santé.

«Je le lui ai rappelé, à Mme Laurent, à plusieurs reprises et ça, ça va dans le sens de leurs revendications», a-t-il dit.

M. Barrette a donné l’exemple d’ordonnances collectives, de travail autonome et de leur implication dans le réseau.

«Les thèmes fondamentaux sur lesquels nous avons des discussions, on a pas mal de points qui se rejoignent», a-t-il dit.