Leitao concède qu’il devra probablement revoir sa cible de croissance du PIB

MONTRÉAL – Tout indique que le ministre des Finances, Carlos Leitao, devra réviser à la baisse sa cible de croissance pour l’économie québécoise, ce qui, selon lui, n’empêchera pas le retour de l’encre noire dans le prochain budget.

Devant la morosité économique qui plane un peu partout au pays, le grand argentier a concédé qu’il serait étonnant que l’augmentation du produit intérieur brut (PIB) de la province corresponde à la cible de son budget déposé en mars dernier.

«C’est fort probable que le deux pour cent prévu ne puisse se matérialiser», a dit M. Leitao en présentant le dernier rapport mensuel des opérations financières qui indique que la province a affiché un déficit de 675 millions $ d’avril à juin. Il s’agit selon le ministre de la meilleure performance au premier trimestre depuis 2006-2007.

Questionné, il ne s’est toutefois pas avancé sur une nouvelle cible, expliquant qu’il allait «prendre en considération» les dernières informations afin de les analyser avant sa mise à jour automnale.

La dernière prévision du Mouvement Desjardins table sur une croissance de 1,3 pour cent du PIB réel, qui, selon l’institution, «devra sans doute être encore revue à la baisse», alors que la Banque Nationale croit qu’il «serait étonnant» que la croissance de 2015 égale le taux de 1,4 pour cent enregistré l’an dernier.

«Ce qui est intéressant, c’est que nos revenus, d’avril à juin, sont en hausse, a rétorqué M. Leitao, minimisant la situation. On ne voit pas de détérioration de ce côté.»

Le ministre des Finances a également fait remarquer qu’en Ontario, le consensus des économistes quant à la croissance du PIB oscille aux alentours de deux pour cent alors que les prévisions initiales faisaient état d’une progression de 2,8 pour cent.

Par ailleurs, les données qui seront publiées à la fin du mois de septembre sur le PIB québécois devraient confirmer une contraction de l’économie pour le deuxième trimestre, a reconnu M. Leitao.

«Ça été négatif d’avril à mai et ça prendra un énorme rebond en juin pour éviter (une contraction au deuxième trimestre)», a-t-il dit, rappelant de nouveau que cela ne devrait pas freiner la croissance des revenus.

Quant au rapport mensuel des opérations financières, le ministre des Finances a affirmé qu’il confirmait le cadre financier du dernier budget en plus de permettre de «maintenir le cap» sur les objectifs fixés.

Si le solde budgétaire a été négatif de 675 millions $ pour la période de trois mois terminée le 30 juin, le manque à gagner était d’environ 1,3 milliard $ à la même période en 2014-2015, a souligné M. Leitao.

En juin uniquement, le déficit s’est établi à 187 millions $, ce qui tient compte d’un versement de 96 millions $ effectué au Fonds des générations.

La croissance des revenus autonomes a été de 3,8 pour cent par rapport à la même période l’an dernier, ce qui s’explique entre autres par l’impôt prélevé auprès des sociétés, qui a bondi de 34 pour cent, à 946 millions $.

«Cela reflète que le bilan des entreprises québécoises s’améliore de plus en plus, a analysé M. Leitao. J’ai l’impression que cela reflète une amélioration des exportations.»

Pour l’année, selon le ministre des Finances, la hausse des impôts prélevés auprès des entreprises devrait être de 12,7 pour cent.

Au premier trimestre de l’année financière 2015-2016, les recettes totales se sont chiffrées à 18,24 milliards $, en progression de 3,8 pour cent par rapport à la période correspondante de 2014-2015, alors que les transferts fédéraux ont atteint 4,4 milliards $, en hausse de 3,9 pour cent.

Dans son dernier budget, M. Leitao tablait sur une amélioration de 4,6 pour cent des recettes totales de la province pour l’exercice.

De leur côté, les dépenses de programmes ont grimpé de 1,1 pour cent, à 17,4 milliards $. Elles ont augmenté de 373 millions $ dans le secteur de la santé et des services sociaux, mais un recul de 72 millions $ a été observé en éducation et culture.

«D’avril à juin, la croissance des revenus totaux a été de 3,8 pour cent par rapport à une augmentation de 0,6 pour cent du côté des dépenses», a fait remarquer le ministre des Finances.

Pour sa part, le service de la dette s’est élevé à 2 milliards $, en recul de 4,1 pour cent.

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