Les chefs des Premières Nations rejettent le projet de loi fédéral en éducation

OTTAWA – Les chefs des Premières Nations ont rejeté des changements controversés proposés par le gouvernement fédéral en matière d’éducation, tout en appelant le gouvernement conservateur à fournir dès maintenant un financement de 1,9 milliard $, qui serait bonifié par la suite.

Il aura fallu presque toute la journée, mardi, à l’assemblée extraordinaire des chefs de l’Assemblée des Premières Nations (APN) pour en arriver à une réponse concertée au projet de loi en éducation du gouvernement Harper.

Les membres ont fini par voter en faveur d’une résolution rejetant le projet de loi C-33, appelé «Loi donnant aux Premières Nations le contrôle de l’éducation des Premières Nations», et exhortant le gouvernement à négocier un nouvel accord prévoyant des paiements de transfert aux communautés autochtones.

Il reste à voir comment le gouvernement fédéral va répondre à ces nouvelles demandes. Il a déjà dit à plusieurs reprises qu’il n’y aurait pas de financement avant des réformes et des garanties d’imputabilité.

Des chefs régionaux avaient initialement montré leur appui au projet de loi en assistant à un événement en février avec le premier ministre Stephen Harper et Shawn Atleo, l’ancien chef national de l’Assemblée des Premières Nations. Mais ce soutien s’est vite évaporé.

M. Atleo en a indisposé plusieurs en quittant abruptement ses fonctions plus tôt ce mois-ci, en lien avec la controverse entourant le projet de loi en éducation.

Au début de la rencontre, mardi, les représentants des Premières Nations étaient fortement divisés sur le projet de loi. Certains y voyaient un premier pas comportant un financement important pouvant améliorer la situation des enfants des Premières Nations. D’autres percevaient une trop grande emprise du gouvernement fédéral sur les questions d’éducation dans les communautés autochtones.

Les chefs avaient décidé de discuter d’éducation avant de s’atteler à déterminer les modalités du choix du futur remplaçant de M. Atleo.

Le chef régional du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, qui agit comme porte-parole de l’APN depuis la démission de M. Atleo, a exhorté les chefs réunis dans un hôtel du centre-ville d’Ottawa à faire front commun sur la question, quelle que soit la position privilégiée.