Les chiffres de Statistique Canada alimentent un tir groupé contre Harper

OTTAWA – La confirmation, par les chiffres de Statistique Canada, que le pays est en récession alimentait, mardi, un tir groupé contre Stephen Harper.

Tout de même, le premier ministre sortant, en campagne à Burlington, en Ontario, réussissait à faire une autre lecture de la réalité.

«L’économie canadienne dans son ensemble est en croissance, selon les chiffres de juin. C’est ça la réalité. C’est ça la réalité de la situation. Ce sont des bonnes nouvelles», a insisté le chef conservateur.

Se concentrant sur ce seul chiffre qui note une croissance — celui du mois de juin par rapport au mois de mai — M. Harper a maintenu que son gouvernement a mené le pays dans la bonne voie.

Il fait donc fi des deux trimestres consécutifs de recul du produit intérieur brut, rapportés par Statistique Canada, et parle de croissance alors que tout le monde parle de récession.

L’aveuglement volontaire du chef conservateur a été dénoncé par ses rivaux.

«Stephen Harper est complètement déconnecté de la réalité des Canadiens», a lancé le chef libéral Justin Trudeau, de passage à Gatineau.

À l’autre bout du pays, à Kelowna, en Colombie britannique, le chef du Nouveau Parti démocratique tenait un discours similaire.

«La seule personne au Canada qui ne sait pas ou qui ne veut pas admettre que le plan de Stephen Harper est un échec, c’est Stephen Harper», a commenté Thomas Mulcair.

«Toutes les mesures objectives prouvent que le plan de Stephen Harper est un échec», a insisté le leader néo-démocrate avant de vanter ses propres propositions pour l’économie du pays.

À Halifax, la leader du Parti vert, Elizabeth May, a reproché au premier ministre Harper d’avoir mis «tous ses oeufs dans le panier des sables bitumineux».

À Varennes, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, faisait le même reproche, sans oublier de dénoncer les néo-démocrates, ses seuls rivaux au Québec.

«Ce qui risque d’aggraver cette crise, c’est également l’obstination et de M. Harper et de M. Mulcair d’atteindre l’équilibre budgétaire à tout prix. En période de récession, ce n’est pas le temps d’accentuer les causes qui vont faire que l’économie va péricliter encore plus», a lancé le chef bloquiste.

Le chef conservateur maintient qu’il faut absolument continuer dans la même voie pour que le Canada demeure une «île de stabilité». «Si on change de plan, on va avoir une récession permanente comme on (en) a dans plusieurs autres pays. Nous sommes dans la bonne voie. C’est nécessaire de continuer (afin de répéter) les résultats qu’on a vus en juin», a plaidé M. Harper.

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