Les dépenses au Sénat font encore beaucoup de bruit à la Chambre des communes

OTTAWA – Le scandale des dépenses au Sénat a encore fait beaucoup de bruit, lundi, à la Chambre des communes, alors que des députés de l’opposition ont exigé des réponses sur ce que savait le premier ministre Stephen Harper à propos de la décision de son chef de cabinet de payer les dépenses de Mike Duffy.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a laissé entendre en Chambre qu’il y avait eu un «camouflage criminel» organisé au bureau de M. Harper.

Le secrétaire parlementaire de M. Harper, Paul Calandra, a souligné à maintes reprises que le chef de cabinet Nigel Wright et le sénateur Duffy étaient les seuls à faire l’objet d’une enquête de la GRC sur les dépenses au Sénat, qui ne toucherait pas le premier ministre.

Il a aussi répliqué aux libéraux en faisant fréquemment référence au scandale des commandites sous l’ancien premier ministre Jean Chrétien.

Jason MacDonald, porte-parole du premier ministre Harper, a livré aux médias en fin de semaine la version des faits de M. Harper, quelques jours après la publication de nouveaux documents explosifs déposés en cour par la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Ces documents comportent des allégations pouvant laisser croire que M. Harper en savait plus que ce qu’il prétend à propos du plan de M. Wright de faire un chèque de 90 000 $ pour couvrir les dépenses inappropriées de M. Duffy.

Les documents citent un courriel de M. Wright au personnel disant qu’ils ont «le feu vert du PM», après une rencontre des deux hommes sur le cas Duffy en février dernier.

Mais M. MacDonald soutient que cet entretien avait été en fait qu’une simple discussion pour voir comment amener M. Duffy à rembourser ses dépenses — évaluées à ce moment à environ 32 000 $ —, et qu’il n’y avait pas de complot ourdi pour que le chef de cabinet signe un tel chèque, pas plus que pour blanchir un rapport du Sénat sur le sénateur en disgrâce.

Les partis d’opposition ne lâchaient pas prise, lundi, alors que les électeurs s’apprêtaient à voter dans le cadre de quatre élections complémentaires.