Les députés conservateurs se donneront-ils plus de pouvoirs au sein du caucus?

OTTAWA – C’est le député fédéral Deepak Obhrai qui dirigera le caucus conservateur à Ottawa, mercredi prochain — l’espace d’un moment, du moins.

Le vétéran député de Calgary est en effet le parlementaire conservateur qui a siégé aux Communes le plus longtemps de façon ininterrompue. À ce titre, c’est lui qui présidera la première réunion du caucus conservateur après la défaite de son parti lors du dernier scrutin.

Et cette réunion risque d’être extrêmement importante à plus d’un titre: on y élira bien sûr un nouveau président du caucus, et surtout un chef intérimaire pour le Parti conservateur, en remplacement de Stephen Harper, redevenu «simple député» de Calgary au soir du 19 octobre.

Mais les députés et sénateurs du caucus conservateur devront aussi décider s’ils attribuent de nouveaux pouvoirs aux seuls élus. Car en vertu de modifications à la Loi sur le Parlement du Canada, adoptées en juin dernier sur proposition du député conservateur Michael Chong, les caucus peuvent maintenant se prononcer sur une variété d’enjeux importants.

En vertu de la loi, les débats sont alors présidés par le «parlementaire qui compte le plus d’années de service ininterrompu à la Chambre des communes» — et non au Parlement.

Chez les conservateurs, ce député s’appelle Deepak Obhrai, 65 ans, élu en 1997 en même temps que Jason Kenney et Gerry Ritz, mais dont la victoire a été enregistrée officiellement avant celle des autres.

«Ce qui est ironique, c’est que je me suis opposé au projet de loi» de M. Chong, dit-il aujourd’hui.

Michael Chong, réélu il y a 10 jours avec 51 pour cent des voix dans Wellington-Halton Hills, en Ontario, rappelle que ses amendements visaient justement à dissiper l’espèce de flou artistique qui entourait le départ d’un chef de parti après une défaite électorale.

Les modifications à la loi obligent maintenant les caucus à décider s’ils acceptent ou non que les députés (excluant donc les sénateurs) puissent:

— soumettre le chef à un vote de confiance si 20 pour cent des députés le demandent;

— élire le chef intérimaire du parti;

— élire la présidence du caucus;

— expulser ou réintégrer un membre du caucus.

Comme seuls les élus auraient le droit de vote, et comme les conservateurs n’ont fait élire aucun député dans les provinces de l’Atlantique, le nouveau chef intérimaire serait donc choisi sans que ces quatre provinces aient leur mot à dire au caucus. Ce que le sénateur de Terre-Neuve-et-Labrador David Wells n’a pas manqué de déplorer.

Par ailleurs, le président du parti, John Walsh, glissait récemment dans un communiqué que le chef intérimaire serait choisi par «le caucus parlementaire».

Jusqu’ici, quatre députés ont manifesté leur intérêt pour le poste de chef intérimaire: les anciens ministres Rob Nicholson, Diane Finley, Candice Bergen et Erin O’Toole.