Les émissions de mercure sont en chute en Amérique du Nord et en Europe

EDMONTON – Une nouvelle étude conclut que les restrictions imposées aux émissions de mercure en Amérique du Nord et en Europe ont permis de réduire de manière significative les niveaux atmosphériques mondiaux de cette neurotoxine malgré la hausse enregistrée en Asie.

Le coauteur de l’étude, le professeur à l’Université de l’Alberta Vincent St. Louis, soutient que les résultats de cette analyse sont une indication claire que les actions environnementales posées à un niveau régional ont un impact et que les pays n’ont pas besoin de tous progresser à la même vitesse pour réaliser des gains environnementaux.

«On pensait avant qu’il fallait faire quelque chose pour diminuer les niveaux de mercure au niveau mondial», a expliqué M. St. Louis en entrevue. «Mais l’étude démontre qu’en agissant régionalement, nous pouvons obtenir des résultats», a-t-il poursuivi.

Le mercure est un contaminant environnemental qui peut s’avérer très toxique. Il s’attaque aux poumons, aux muscles et même au cerveau. Le mercure est présent dans l’eau et l’air, ainsi que dans certaines espèces de poisson qui se trouvent au sommet de la chaîne alimentaire.

Les scientifiques croyaient jusqu’à maintenant que les niveaux de mercure étaient stables ou en croissance à l’échelle mondiale, poussés par l’augmentation, en Asie, des usines alimentées au charbon.

En Amérique du Nord et en Europe pourtant, les chercheurs ont pu démontrer que les niveaux de mercure dans l’atmosphère diminuent de un à deux pour cent par année.

«On observait un déclin de la concentration de mercure dans l’atmosphère, mais lorsqu’on regardait les émissions, elles ne diminuaient pas à l’échelle globale», rapporte M. St. Louis.

En approfondissant leur analyse, les chercheurs ont découvert que les émissions de mercure en provenance de la Chine étaient surestimées, tout comme les émissions provenant des mines d’or en Afrique du Sud. Et pendant ce temps, les gouvernements et les industries en Amérique du Nord et en Europe réussissaient à considérablement diminuer leurs niveaux d’émission.

Entre 1990 et 2010, les émissions nord-américaines ont presque chuté des trois quarts et en Europe, des quatre cinquièmes. En Asie, les émissions ont toutefois connu un bond de plus du tiers.

En tout, les émissions de mercure sur la planète ont chuté de 30 pour cent pendant cette période.

Une conclusion très encourageante, croit M. St. Louis. «Si nous posons des actions pour réduire les émissions de mercure dans l’atmosphère, cela résulte en moins de mercure qui se dépose dans nos lacs», résume-t-il.

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