Les familles des militaires décédés sont exclues des enquêtes, selon l’ombudsman

OTTAWA – L’ombudsman des Forces armées canadiennes estime que les familles des militaires décédés en service sont exclues du processus de commissions d’enquête du ministère de la Défense.

Dans son rapport intitulé «Commissions d’enquête : Pleins feux sur les familles» rendu public lundi, Gary Walbourne, l’ombudsman de la Défense nationale et des Forces canadiennes, recommande la création d’un poste de coordonnateur des familles. Son rôle serait de déterminer les besoins des familles des militaires durant le processus d’enquête.

M. Walbourne souligne que pour pouvoir surmonter la situation, les familles des soldats morts ou blessés doivent être «informées, soutenues et aidées», et qu’il est du ressort de la Défense de le faire.

L’ombudsman est d’avis que ces familles devraient se voir offrir la possibilité de s’impliquer à leur convenance dans le processus de commissions d’enquête.

Celles-ci étudient les circonstances du décès des soldats et tentent de déterminer si les pratiques et les procédures militaires ont contribué aux tragiques événements. Toutefois, elles sont souvent une source de frustration et de confusions pour les familles, qui se plaignent d’être exclues du processus. Certaines accusent même l’armée de se servir de ces enquêtes pour tenter de couvrir ses propres erreurs.

Le rapport de la commission d’enquête sur le suicide du caporal Stuart Langridge, rendu public en mars dernier après six ans de rédaction, est un bon exemple de ce que reproche l’ombudsman. Le ministère de la Défense nationale a longtemps refusé d’en présenter les résultats aux parents du caporal, qui ont fini par en obtenir une version caviardée après avoir porté plainte à la Commission d’examen des plaintes concernant la police militaire.

Dans ce rapport, l’armée nie toute responsabilité dans le drame survenu en 2008. Elle blâme plutôt le caporal lui-même, ainsi que ses parents biologiques, qui ont divorcé quand il était enfant.

Selon l’ombudsman, il n’y a pas assez de données disponibles actuellement pour déterminer la meilleure manière d’inclure les familles dans le processus de commissions d’enquête. Au cours de la prochaine année, un protocole d’implication des familles sera développé par son bureau, en collaboration avec la Défense nationale.

Au cours des dernières années, les prédécesseurs de Gary Walbourne ont abondamment commenté les frustrations des familles des militaires et leur sentiment d’isolement durant le processus de commission d’enquête. Un premier rapport sur le sujet, intitulé «Quand tombe un soldat», a été publié en 2005. Il a mené à plusieurs nouvelles initiatives et directives visant à améliorer le processus.

Laisser un commentaire