Les forces kurdes sont chancelantes et manquent de formation, selon des experts

OTTAWA – Des experts militaires estiment que le décès du sergent canadien Andrew Doiron, tué par un tir ami le 6 mars dans le nord de l’Irak, illustre à quel point les forces kurdes sont chancelantes et manquent cruellement de formation.

L’état-major canadien et même le premier ministre Stephen Harper ont souvent salué la bravoure des combattants kurdes — les peshmergas —, qui ont réussi à freiner, l’été dernier, l’avancée des extrémistes de l’organisation État islamique aux abords d’Erbil, dans le Kurdistan irakien.

Pour le colonel à la retraite George Petrolekas, aujourd’hui à l’Institut de la Conférence des associations de la défense, le rapport sur la mort du sergent Doiron démontre toutefois que les peshmergas constituent tout au plus une milice populaire, pas du tout prête «à jouer dans les ligues majeures».

L’ex-commandant des forces spéciales Steve Day y voit, lui, l’illustration que la mission de formation assurée par le Canada en Irak n’est pas près de se terminer.

Le gouvernement Harper est par ailleurs toujours demeuré vague quant aux objectifs et aux paramètres de cette mission.

De leur côté, les Américains ont été plus clairs quant aux objectifs fixés en Irak. Un rapport récent de l’Inspecteur général du département d’État, déposé au Congrès américain, indique que le Pentagone et ses alliés de la coalition souhaitent former en Irak 12 brigades (près de 5000 soldats chacune) — soit neuf irakiennes et trois kurdes.