Les inattendus «laissés-pour-compte» du cabinet de Justin Trudeau

OTTAWA – Avec autant d’élus, de talent, de vétérans et de candidats-vedettes, Justin Trudeau devait forcément laisser en rade quelques candidats pourtant très «ministrables» en formant son premier cabinet. D’autant que des critères comme le genre ou la représentation régionale et culturelle viennent s’immiscer dans ce jeu complexe de nominations.

M. Trudeau a ainsi relégué sur la ligne de touche le lieutenant-général à la retraite Andrew Leslie et l’ancien chef de la police de Toronto Bill Blair, qu’on voyait pourtant au cabinet dès qu’ils ont annoncé leur candidature.

En même temps, d’autres nouveaux venus, beaucoup moins connus, accèdent à des fonctions cruciales au sein du gouvernement — la Justice, la Défense et les Infrastructures, notamment.

M. Trudeau, lui, s’est dit fier, mercredi, d’avoir formé un conseil des ministres qui «ressemble énormément au Canada».

Des vétérans libéraux, comme Joyce Murray et l’ancienne ministre Hedy Fry, ont aussi été écartés, même s’ils avaient été les seuls libéraux élus en Colombie-Britannique en 2011. Cette fois-ci, la vague rouge aura permis l’élection de 17 députés libéraux dans cette province, mais ce sont trois recrues qui ont été choisies pour accéder au cénacle ministériel: le lieutenant-colonel à la retraite Harjit Sajjan à la Défense, Jody Wilson-Raybould à la Justice, et Carla Qualtrough aux Sports et aux Personnes handicapées.

Joyce Murray était arrivée deuxième, derrière M. Trudeau, dans la course à la direction du Parti libéral, mais un autre adversaire, le Montréalais Marc Garneau, a été, lui, retenu pour les Transports.

Deux députés libéraux défaits en 2011 mais réélus le 19 octobre, et qui avaient passé quatre ans à oeuvrer au sein du parti, ont fait chou blanc mercredi: Pablo Rodriguez, organisateur libéral au Québec, et Mark Holland, un des organisateurs de la campagne de M. Trudeau à la direction du parti.

En plus de leur étonnante performance en Colombie-Britannique, les libéraux ont fait une percée symbolique en Alberta, avec quatre élus, dont la moitié se retrouve au cabinet: Amarjeet Sohi aux Infrastructures et Kent Hehr aux Anciens Combattants.