Les libéraux veulent en finir avec la controverse des gouvernantes

OTTAWA – Les libéraux tentent tant bien que mal de calmer la controverse entourant les deux gouvernantes payées à même les fonds publics pour s’occuper des trois jeunes enfants du premier ministre Justin Trudeau.

Bombardée de questions à ce sujet, la directrice des communications de M. Trudeau, Kate Purchase, a publié un communiqué, mercredi, dans lequel elle a indiqué que le premier ministre ferait des ajustements à son personnel afin de répondre aux besoins de sa famille.

«Le premier ministre ne rajoutera pas d’employés au personnel de sa résidence, a affirmé Mme Purchase. C’est un processus qui est en cours et qui sera complété durant les prochains jours.»

Cela signifie que les gouvernantes ne seront pas des employées à temps complet additionnelles s’ajoutant au personnel déjà en place au domicile du premier ministre, une précision qui semble avoir fait taire quelques détracteurs.

Aaron Wudrick, le directeur fédéral de la Fédération canadienne des contribuables, a déclaré que la population n’avait pas besoin de s’inquiéter si la présence des nounous n’entraînait pas de coûts supplémentaires.

«S’ils sont prêts à faire des changements dans la manière dont ils utilisent le personnel, à renoncer à certains services en échange de services de garde d’enfants afin que les contribuables ne déboursent pas davantage, je ne vois pas de problème», a-t-il indiqué.

Les gouvernantes, considérées comme des adjointes spéciales permises en vertu de la Loi sur les résidences officielles, ont été embauchées à un salaire horaire variant entre 15 $ et 20 $ en journée et entre 11 $ et 13 $ en soirée. Une association de gouvernantes a confirmé que ce salaire reflétait la moyenne nationale.

Plus tôt cette semaine, les partis de l’opposition avaient demandé pourquoi les Canadiens assumaient les frais pour la garde des enfants du premier ministre, alors que M. Trudeau avait reproché à son prédécesseur conservateur d’avoir accordé la prestation universelle pour la garde d’enfants aux familles les plus riches, dont la sienne.

Manuela Gruber Hersch, la présidente de l’Association of Caregiver and Nanny Agencies Canada, a cependant déclaré que, à ces yeux, la controverse cachait un problème beaucoup plus important.

Selon Mme Gruber Hersch, la pénurie de gouvernantes s’est aggravée au Canada depuis que le gouvernement précédent a resserré les règles pour les travailleurs étrangers temporaires.

Elle a reproché aux conservateurs d’avoir pratiquement fermé les portes du pays aux gouvernantes étrangères alors que peu de Canadiens sont intéressés à faire ce genre de travail.

Il n’a pas été possible d’établir si les nounous de la famille Trudeau sont arrivées au Canada grâce au programme de travailleurs étrangers temporaires.

Kate Purchase a précisé que les deux femmes étaient des citoyennes canadiennes nées à l’extérieur du pays, mais qui résidaient au Canada depuis un certain nombre d’années.