Les parents de jumelles malades en Ontario attendent toujours un donneur de foie

KINGSTON, Ont. – Malgré la couverture médiatique importante dont ont fait l’objet deux soeurs jumelles de trois ans très malades, leurs parents attendent toujours un donneur de foie qui pourra sauver la vie de l’une d’elles.

Michael Wagner donnera une partie de son foie dans les semaines qui viennent, mais cela ne pourra sauver qu’une de ses deux filles.

Les petites, Binh et Phuoc, souffrent du syndrome d’Alagille, un trouble génétique qui touche le foie, le coeur et d’autres organes. Sans une transplantation de foie, elles mourront.

Le couple, qui a neuf enfants, a demandé aux docteurs de décider quelle fille recevrait le foie du père, car la décision serait impossible pour eux à prendre.

Leur mère, Johanne Wagner, se portera volontaire comme donneuse potentielle si personne d’autre n’est retenu dans les prochains mois. Elle n’a pas encore fait les tests car il faut qu’elle soit là pour les autres enfants, si jamais la transplantation du père tourne mal.

Cette histoire, qui a défrayé les manchettes du monde entier, a provoqué une hausse flagrante de donneurs, a affirmé Gary Levy, qui dirige le programme de donneurs de foie de l’hôpital.

Mercredi dernier, l’hôpital avait reçu 436 applications en quelques semaines seulement. Dans la dernière semaine, M. Levy a rencontré environ une dizaine de candidats souhaitant donner leur foie à une des jumelles.

«Normalement, nous tentons de nous restreindre à un ou deux, mais à cause du statut de la maladie des enfants, nous faisons une exception», a dit M. Levy.

L’hôpital espère trouver rapidement un donneur.

M. Wagner a passé les derniers tests la semaine dernière à l’hôpital General de Toronto. Il attend maintenant que la date de sa chirurgie soit fixée.

En attendant, les Wagner tentent de se garder occupés pour se changer les idées, ce qui n’est pas trop compliqué avec neuf enfants dans la maison, a confié Mme Wagner.

Son mari, lui, continue à être déchiré par le fait qu’il ne peut donner d’organe qu’à une des deux filles, malgré qu’il soit compatible avec les deux. «Ce qu’il y a de cruel avec le foie, c’est qu’on ne peut le donner qu’une fois», a-t-il exprimé.

Gary Levy a par ailleurs indiqué que les donneurs potentiels se sont montrés intéressés à aider d’autres patients.

Il y a 227 Ontariens en attente d’un foie. L’an dernier, 84 personnes sont mortes, faute d’en avoir reçu un à temps.