Les villes canadiennes agissent pour s’attaquer aux graffitis

MONTRÉAL – Les municipalités canadiennes ont accéléré leur lutte contre les graffitis en demandant aux services de transports de se munir de protection afin de minimiser les impacts de l’art urbain considéré comme une nuisance par certains.

Les nouvelles voitures du métro de Montréal et les tramways de Toronto — ainsi que les véhicules de Bombardier qui seront en circulation à Edmonton et Vancouver — disposent d’un certain type de protection, allant d’une couche en gel pour les panneaux à une pellicule de plastique pour les fenêtres.

Les autorités de transports de partout dans le monde commandent de plus en plus des modèles qui les prémunissent contre le vandalisme.

Selon Marc-André Lefebvre, porte-parole de Bombardier — qui est le plus grand constructeur de véhicules de transport sur rail au monde — presque tous les clients réclament de la protection contre les graffitis.

Bombardier indique que la meilleure protection extérieure est généralement fabriquée avec de l’acier inoxydable. Celle-ci a été placée sur des véhicules comme les wagons de métro de Toronto et les trains de banlieue de l’Agence métropolitaine de transport (AMT) de Montréal.

Pour les moyens de transports intérieurs, la protection dépend du montant que souhaite investir le client selon ses expériences passées. Lesdits «scratchittis» — lorsque le vandale utilise des objets contondants dont des couteaux pour graver quelque chose — préoccupent de plus en plus les transporteurs, selon M. Lefebvre.

Hormis Bombardier, d’autres manufacturiers vont parfois utiliser des matériaux de fournisseurs tels que 3M et Dupont pour répondre aux demandes de leurs clients.

L’entreprise Plas-Tech de Concord, en Ontario, a signé un contrat de 591 000 $ pour fournir des pellicules protectrices aux véhicules de Montréal. Le matériau très mince est installé sur les fenêtres et il peut être détaché et remplacé lorsqu’il est endommagé.

«Cela augmente de beaucoup la (durée) de vie des fenêtres», a expliqué Mike Aube, le directeur des ventes de Plas-Tech.

Certaines études suggèrent que le nettoyage des graffitis coûte aux contribuables dans le monde des milliards de dollars. La Ville de New York a dépensé environ 1 million $ en 2014 pour nettoyer le plus grand système de transport en Amérique du Nord. Lorsque le problème était à son apogée, des véhicules de métro étaient tellement couverts de graffitis qu’il était presque impossible de voir par les fenêtres, faisant diminuer l’affluence, tout en faisant grimper en flèche la criminalité.

À la Ville de Montréal, le nettoyage des graffitis est couvert dans le budget d’entretien de 20 millions $ par année. Comme tous les systèmes de transports, Montréal dit vouloir dissuader le vandalisme en effaçant les graffitis en moins d’un jour. Les messages haineux sont également référés à la police.

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