L’excédent de l’an passé applaudi par les uns, minimisé par les autres

OTTAWA – L’annonce d’un excédent budgétaire de 1,9 milliard $ en 2014-2015 donne des munitions à deux chefs de partis en campagne électorale, tandis qu’elle laisse froids deux autres leaders.

En tournée en Colombie-Britannique, le chef conservateur Stephen Harper s’est applaudi à deux mains pour une bonne nouvelle qui, assure-t-il, se répétera cette année.

«Tous ces chiffres indiquent qu’on va avoir un surplus plus grand que prévu», a-t-il dit lundi au sujet de l’année financière en cours.

Et il n’a pas rajusté son discours lorsqu’une journaliste lui a fait remarquer que son budget d’avril est basé sur un prix du baril de pétrole plus élevé que ce qu’il est aujourd’hui et sur une prévision de croissance revue à la baisse depuis.

«Les prédictions du gouvernement fédéral sont basées sur beaucoup plus que le prix du pétrole. Nous ne sommes pas le gouvernement de l’Alberta. Ce n’est pas notre dépendance principale», a répondu M. Harper.

Son adversaire néo-démocrate Thomas Mulcair, lui aussi en Colombie-Britannique, a utilisé le surplus de l’an dernier pour justifier sa décision d’équilibrer le budget s’il prend le pouvoir, le 19 octobre.

«Les chiffres d’aujourd’hui sont de bonnes nouvelles pour les Canadiens et ça montre que le NPD partira du bon pied», a dit M. Mulcair, de passage à Vancouver, en attaquant son rival libéral pour sa «vision à court terme».

Justin Trudeau n’a rien trouvé dans ce surplus pour lui faire changer sa décision de repousser à 2019 l’atteinte d’un équilibre budgétaire.

«Si M. Harper a pu créer un maigre surplus l’année passée, c’est bien parce qu’il a choisi de couper dans les programmes pour nos anciens combattants, dans nos programmes pour les aînés, dans notre assurance-emploi pour pouvoir présenter un budget soi-disant équilibré à temps pour les élections», a affirmé M. Trudeau, maintenant sa critique du bilan conservateur en économie.

Le chef du Bloc québécois, lui, ne voyait pas pourquoi on se réjouirait d’un surplus au fédéral alors que les provinces risquent d’être en faillite d’ici 30 ans.

Et puis, ce surplus «ne suppose pas nécessairement que la crise économique est terminée ou qu’on ne soit pas en récession», a également fait remarquer Gilles Duceppe.

Les promesses du jour

À Vancouver, M. Mulcair a promis de subventionner l’embauche de personnel médical afin que les provinces puissent offrir des soins de santé à 5 millions de Canadiens de plus.

Un gouvernement néo-démocrate créerait une nouvelle subvention qui faciliterait l’embauche, par les provinces, de 7000 médecins, infirmières et autres professionnels de la santé. Les néo-démocrates promettent également de financer la construction de 200 cliniques médicales à travers le pays.

À Toronto, M. Trudeau reprenait ses promesses pour aider financièrement les personnes âgées. Les libéraux promettent, entre autres, d’augmenter de 10 pour cent le Supplément de revenu garanti pour les aînés à faible revenu vivant seuls.

Le chef conservateur n’avait aucune nouvelle promesse à faire. M. Harper s’est contenté d’attaquer le NPD, son principal adversaire en Colombie-Britannique, affirmant que les gouvernements provinciaux néo-démocrates avaient été des «désastres» et qu’il fallait éviter pareil sort au pays.

Le chef bloquiste rencontrait le maire de Montréal, Denis Coderre, à qui il a assuré son soutien pour qu’Ottawa finance les fêtes du 375e anniversaire de la métropole. Les deux hommes ont également discuté d’investissements en infrastructures.

Alors que la campagne électorale entamait sa septième semaine, la question de l’accueil des réfugiés syriens n’a été abordée à aucun des événements publics des chefs de parti.

Jeudi dernier, M. Harper a promis qu’il annoncerait quelles mesures il est prêt à prendre pour accélérer l’entrée des réfugiés au Canada. Il a promis des détails dans les jours suivants. Lundi, le premier ministre sortant n’avait encore rien à annoncer dans ce dossier.

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