L’imam Chaoui se dit diffamé et réclame 500 000 $ à Montréal et au maire Coderre

MONTRÉAL – L’imam Hamza Chaoui dépose une requête contre la Ville de Montréal et le maire Denis Coderre, dans laquelle il réclame 500 000 $ pour atteinte à sa réputation, estimant avoir été traité injustement d’agent de radicalisation.

Les propos du maire avaient été tenus dans le cadre du processus devant mener à l’implantation du centre communautaire islamique Ashabeb par l’imam Chaoui.

Il y avait alors eu un reportage, en janvier dernier, faisant état des propos passés de l’imam sur l’incompatibilité entre les règles de la démocratie et celles de l’islam, notamment, et sur l’amputation d’une main dans les cas de vol. L’imam Chaoui y était qualifié de «radical» et de «controversé», peut-on lire dans sa requête.

Au cours d’une conférence de presse, le maire Denis Coderre avait commenté ce dossier, parlant d’ordre public et de sécurité publique, d’équilibre entre l’ouverture et la vigilance.

Le maire avait ensuite souligné avoir parlé au directeur du Service de police Marc Parent, puis avait ajouté qu’il pensait avoir affaire à «un agent de radicalisation», à «un fomenteur de tension sociale». Puis il avait fait un lien entre la radicalisation et les événements violents qui avaient eu lieu à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa.

L’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, où devait se trouver le centre islamique Ashabeb, avait ensuite modifié son règlement de zonage pour exclure l’enseignement religieux des activités qui peuvent être tenues dans un centre communautaire.

Dans sa requête, l’imam Chaoui estime avoir été diffamé lorsque son nom a, selon lui, été associé «au terrorisme» et lorsqu’on a insinué qu’il représentait un danger pour la sécurité publique. Il ajoute que les propos du maire ont connu une diffusion nationale.

Il affirme que depuis, il a perdu l’estime et la confiance de sa communauté et a été l’objet de «menaces et messages haineux» sur les réseaux sociaux et dans la rue. Il rapporte qu’une pétition de 1000 noms aurait même circulé réclamant son expulsion du Canada. Il affirme éviter maintenant de sortir de chez lui «de peur d’être victime de représailles tant physiques que verbales».

En conséquence, il réclame 470 000 $ en dommages moraux et 30 000 $ en dommage punitifs pour atteinte intentionnelle à ses droits fondamentaux. La requête devant la Cour supérieure vise à la fois le maire Denis Coderre et la Ville de Montréal.