Lisée veut éviter d’exprimer sa dissidence envers la situation de PKP

QUÉBEC – À cause de son point de vue dissident concernant les risques de conflits d’intérêts de Pierre Karl Péladeau, le député péquiste Jean-François Lisée a choisi de se retirer d’une commission parlementaire qui examinera la question.

M. Lisée a affirmé mercredi qu’il ne participera pas aux travaux des députés qui étudieront les recommandations du commissaire à l’éthique Jacques Saint-Laurent.

Lors d’un point de presse, M. Lisée a expliqué qu’il a pris sa décision pour éviter d’avoir à défendre une position contraire à celle de M. Péladeau, qui souhaite conserver le contrôle de son conglomérat Québecor.

«Le débat a eu lieu pendant la course au leadership, et Pierre Karl a eu une victoire convaincante, et donc c’est la position qui prévaut, et moi, j’accepte ça, tout simplement», a-t-il dit.

L’automne dernier, M. Lisée avait affirmé que la situation de M. Péladeau, dont l’entreprise est active dans les secteurs des médias et des télécommunications, était «une bombe à retardement».

Alors que M. Péladeau s’est engagé à placer volontairement ses actions dans une fiducie sans droit de regard, M. Lisée l’avait plutôt invité à vendre son bloc de contrôle de Québecor.

Mercredi, M. Lisée a expliqué qu’il ne souhaite pas exprimer une opinion contraire, ce qui l’oblige à se retirer des travaux de la commission.

«Les gens savent ce que j’ai dit. Je n’ai pas l’intention de faire semblant, je ne veux pas être en situation de faire semblant. Je veux être en situation d’aider et de ne pas nuire», a-t-il dit.

Mardi prochain, M. Saint-Laurent, dont certaines des recommandations réfèrent à la situation de M. Péladeau, sera entendu par les députés en commission parlementaire. Le 2 juin ce sera au tour du jurisconsulte Claude Bisson.

Les noms des députés péquistes qui participeront aux travaux ne sont pas encore connus, a expliqué une porte-parole de l’aile parlementaire, Antonine Yaccarini.

Tout comme vendredi dernier, lors de la soirée qui a mené à l’élection de M. Péladeau, M. Lisée a affirmé mercredi qu’il continuera à exprimer son point de vue sur sa situation, mais au sein des instances internes du PQ.

Le député libéral Marc Tanguay a soutenu mercredi que la décision de M. Lisée témoigne du fait qu’il est muselé au sein de l’aile parlementaire péquiste.

«M. Lisée décide de se retirer en disant qu’il ne veut pas se dédire, a-t-il dit. Alors force est de constater qu’au Parti québécois, il n’y a plus voix à la dissidence en termes de cette question qui est extrêmement importante, à savoir le commissaire à l’éthique et les règles de conflits d’intérêts. Nous ne pouvons que le constater et le déplorer.»

M. Tanguay a déploré que «les dirigeants du Parti québécois» empêchent M. Lisée de participer aux travaux de la commission, qui doivent déterminer si les règles d’éthique des députés doivent être revues.

«Force est de constater que Jean-François Lisée ne pense pas comme les dirigeants du Parti québécois et qu’il a été mis sur la voie d’accotement, a-t-il dit. Pourtant Jean-François Lisée avait dit clairement que c’était une question importante, majeure.»

M. Péladeau a affirmé que M. Lisée l’avait informé la semaine dernière de son intention de ne pas participer aux travaux de la commission parlementaire, avant la soirée électorale de vendredi.

«Jean-François m’avait effectivement mentionné, avant la fin de la course, vendredi, qu’en tout état de cause, il souhaitait ne pas participer à la commission, a-t-il dit. C’est son choix et je le respecte.»

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a constaté que le malaise de M. Lisée subsiste devant la situation de M. Péladeau.

«J’aimerais ça qu’il y ait un malaise de la part de d’autres députés du Parti québécois parce que, pour moi, il y a une évidence, a-t-il dit. Il y a un conflit d’intérêts entre être propriétaire majoritaire de Québecor puis être en politique.»

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