Littératie: les immigrants abaissent la moyenne, selon l’Institut C.D. Howe

TORONTO – La moyenne obtenue par le Canada dans une enquête mondiale sur la littératie des adultes ne donne pas la pleine mesure de la réalité à cause de sa grande proportion d’immigrants, selon un rapport publié mercredi par l’Institut C.D. Howe.

Selon les plus récents résultats du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PIAAC) de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) rendus publics en octobre 2013, le Canada se classe dans la moyenne internationale en littératie, et un peu au-dessus en résolution de problèmes dans des environnements à forte composante technologique.

En numératie — la capacité au calcul —, le pays est sous la moyenne internationale.

Dans son rapport, le centre de recherche non partisan qu’est l’Institut C.D. Howe déclare que si ces résultats ne sont pas «explicitement mauvais», ils «semblent décevant» compte tenu que les classements des évaluations et du rendement scolaire des élèves du secondaire sont généralement élevés.

Le rapport rédigé par Andrew Parkin note que les immigrants canadiens s’en sortent bien comparativement à leurs homologues dans d’autres pays. Toutefois, leur nombre — plus élevé qu’ailleurs — a un impact sur la position du Canada dans le classement de 24 pays fait par l’OCDE.

Un examen plus approfondi des résultats du PIAAC révèle en effet que le Canada se classe au-dessus de la moyenne internationale en littératie quand les résultats de ses populations immigrante et non immigrante sont examinés séparément. Les deux groupes se retrouvent alors respectivement au sixième et septième rang, alors qu’ils placent le pays au onzième rang une fois réunis.

«Même si [les immigrants] se classent derrière les adultes qui sont nés au Canada, l’écart est plus faible au Canada que dans plusieurs autres pays, affirme Andrew Parkin. Donc, le Canada se débrouille plutôt bien pour s’assurer que tout le monde ait une base de compétences solide.»

Après analyse, M. Parkin assure que le problème ne réside pas dans l’efficacité du système d’éducation, car les adultes canadiens qui éprouvent le plus de difficultés sont ceux qui ont un niveau de scolarité peu élevé. «Dans plusieurs cas, ce sont des Canadiens plus âgés, précise-t-il. Et dans d’autres, ce sont des Canadiens immigrants, particulièrement ceux qui n’ont ni l’anglais ni le français comme langue maternelle.»

«Il y a certainement de groupes de Canadiens dont les résultats dans des tests semblables sont sous la moyenne, et c’est là que nous devons concentrer nos efforts», conclut Andrew Parkin.

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