L’ONU recommande d’encadrer les cigarettes électroniques

GENÈVE – L’agence de santé des Nations unies a recommandé mardi d’encadrer le commerce des cigarettes électroniques et d’en interdire l’utilisation à l’intérieur, tant qu’il n’aura pas été démontré que la vapeur qui s’en dégage est sans danger.

Dans un rapport soumis à ses 194 membres, l’Organisation mondiale de la Santé conseille aussi d’empêcher la vente de ces produits aux mineurs et d’interdire ou de limiter au maximum la publicité, la promotion et les commandites.

L’OMS prévient que les cigarettes électroniques, qui sont parfois parfumées aux arômes de fruits ou de friandises, peuvent plonger les enfants et les adolescents dans la dépendance.

L’agence onusienne témoigne d’un marché mondial «apparemment en pleine expansion» de quelque 400 marques et 3 milliards $ US, où des entreprises indépendantes et des multinationales du tabac se livrent un combat de plus en plus féroce.

La croissance rapide de la popularité des cigarettes électroniques démontre qu’un encadrement est nécessaire, a dit l’OMS.

L’agence appelle à la tenue d’études scientifiques pour mesurer l’impact sur la santé de leur utilisation; pour assurer la protection de la santé publique; et pour informer la population des risques et des avantages potentiels.

Le rapport sera discuté en octobre, lors d’une rencontre à Moscou. Si ses recommandations sont acceptées, la prochaine étape verra les pays renforcer leurs lois et leurs règles pour respecter leurs obligations en vertu du traité.

«Les cigarettes électroniques sont porteuses autant de risques que de promesses. Il s’agit d’une certaine manière d’un couteau à double tranchant, a dit le docteur Douglas Bettcher, qui dirige le département de la prévention et des maladies non-transmissibles de l’OMS. L’industrie du tabac s’implique grandement — à titre de partenaires de la santé publique qui prétendent faire partie de la solution au désastre sanitaire dont ils sont responsables.»

La veille, l’American Heart Association s’était prononcée en faveur d’un encadrement plus serré, notamment pour empêcher les cigarettes électroniques de tomber entre les mains de jeunes. Elle dit que ces produits devraient être utilisés, en dernier recours, pour aider à renoncer au tabagisme.

On ne sait que peu de choses de l’impact sur la santé des cigarettes électroniques, qui contiennent moins de substances toxiques que les cigarettes traditionnelles.

L’OMS indique que la vente des cigarettes électroniques est interdite dans 13 des 59 pays où elles sont soumises à des règles. Elles y demeurent toutefois toujours disponibles, en raison d’un trafic illicite ou des ventes en ligne.