Maher Arar: la GRC accuse un ancien officier syrien pour torture

OTTAWA – La GRC a déposé une accusation de torture contre un ancien agent de renseignement militaire syrien pour son présumé rôle dans le traitement brutal de l’ingénieur en télécommunications d’Ottawa Maher Arar.

Un document de la GRC déposé à la Cour, mardi, accuse George Salloum de torture en vertu du Code criminel canadien. Bien que l’on ignore où se trouve le colonel, les accusations représentent l’aboutissement d’une longue enquête de la GRC.

M. Arar, un Canadien né en Syrie, a été détenu à New York en septembre 2002 et déporté peu après par les autorités américaines, se retrouvant à Damas dans une cellule semblable à un tombeau.

Sous la torture, M. Arar a fait de fausses confessions aux agents de renseignement militaire syriens au sujet de sa supposée implication au sein du réseau Al-Qaïda d’Oussama ben Laden.

Une commission d’enquête fédérale présidée par le juge Dennis O’Connor a conclu que des informations erronées transmises par la GRC aux États-Unis ont vraisemblablement mené au calvaire de M. Arar qui a duré un an.

Paul Champ, l’avocat de M. Arar, sa femme Monia Mazigh, et Alex Neve d’Amnistie Internationale étaient présents à un point de presse, mardi, à Ottawa, pour annoncer ce récent développement.

Mme Mazigh a lu une déclaration de son mari qui dit accueillir favorablement l’accusation.

M. Arar affirme avoir collaboré avec la GRC depuis qu’il a déposé une plainte en 2005.

Me Champ a déclaré que son client s’est prêté à des entrevues «longues et candides» menées par la police fédérale, a répondu à de nombreuses requêtes pour information, a étudié des photographies, suggéré des contacts et fourni de la documentation.

M. Neve a dit que l’accusation — la première déposée par les autorités canadiennes pour de la torture commise à l’étranger — envoie un message fort que ceux qui commettent «leurs abus horribles dans des cellules de prison loin des regards» pourraient se retrouver devant un tribunal.

Il est loin d’être évident que l’accusé peut être localisé et considérant que la Syrie est divisée par des factions belligérantes, la perspective d’un procès est plus qu’incertaine.

Il s’agit de la deuxième fois au cours des derniers mois que la GRC dépose des accusations contre une personne dans un pays étranger pour un crime commis il y a plusieurs années.

En juin, près de sept ans après la prise d’otage de l’ancienne journaliste Amanda Lindhout, la GRC a arrêté et accusé un Somalien.

Mme Lindhout et le photographe Nigel Brennan ont été enlevés par des hommes armés près de Mogadiscio en Somalie en août 2008. Les deux ont été libérés en novembre 2009.

Ali Omar Ader, un Somalien, fait face à des accusations de prise d’otage pour son supposé rôle de négociateur dans cette affaire.

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