Manifestation samedi à Montréal de la Coalition pour la libre négociation

MONTRÉAL – Une grande manifestation pour dénoncer la réforme des régimes de retraite des employés municipaux et les mesures d’austérité du gouvernement Couillard s’est déroulée samedi au centre-ville de Montréal.

Organisé par la Coalition pour la libre négociation, le rassemblement a regroupé des dizaines des milliers de personnes issues notamment de groupes syndicaux, communautaires et de retraités.

Aucun incident n’a été déploré, a indiqué le Service de police de la ville de Montréal.

Le président de la Coalition, Marc Ranger, croit que son mouvement d’opposition va rapidement s’élargir lorsque la population réalisera l’ampleur des compressions envisagées par le gouvernement.

Il signale que la multiplication d’informations voulant entre autres que l’on songe à sabrer dans le régime de congés parentaux, à augmenter le coût des services de garde, à abolir les agences de santé, et à fermer des conservatoires de musique et d’art dramatique, représentent autant de mesures qui auront des effets néfastes dans l’ensemble de la société.

M. Ranger a notamment reproché au premier ministre et à MM. Bolduc (Éducation) et Barrette (Santé) de faire preuve d’hypocrisie dans ces négociations.

«Actuellement, le véritable objectif du gouvernement, c’est de réduire nos conditions de travail négociées depuis 30 ans dans le monde municipal. Au ministre Moreau et aux trois médecins qui sont au gouvernement, et qui se croient tout permis, je veux qu’on envoie un message très clair», a déclaré M. Ranger lors d’un discours devant la foule, entraînant des applaudissements nourris et des cris d’enthousiasme. Il en a d’ailleurs profité pour lancer une pique contre le premier ministre Couillard, dénonçant que celui-ci avait récupéré une prime de départ de plus de 160 000 $ lorsqu’il a quitté la vie politique sous le gouvernement Charest, pour ensuite se retrouver immédiatement du travail.

Le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, a lui aussi eu droit à une charge en règle en lien avec sa décision d’accepter de suivre des patients alors qu’il se trouvait dans l’opposition.

«Le dernier, mais non le moindre: le Dr Barette. Non, mais, il faut avoir du culot en sacrement pour avoir négocié une entente pour les médecins spécialistes et, du même souffle, se retrouver ministre de la Santé et tenter de couler l’entente qu’il avait négociée. Ces gens-là n’ont aucun scrupule, ni aucune éthique, et ce n’est pas vrai qu’ils vont prendre les employés municipaux sur le bras!»

«C’est important, ce que nous sommes en train de faire. Aujourd’hui, [le mouvement] s’élargit avec toutes les grandes centrales qui se joignent à nous, parce ce que le gouvernement est en train de faire, c’est d’abord y aller avec le projet de loi 3, mais aussi lancer plusieurs ballons d’essai. Il va falloir que l’on se serre tous les coudes… on a le pouvoir de foutre le bordel s’ils viennent voler nos conditions de travail!»

De son côté, le président de la FTQ, Daniel Boyer, a rappelé que le mouvement visait à obtenir des négociations «sans être encarcané, sortir du carré de sable que le gouvernement veut nous imposer».

«Jamais n’allons-nous accepter que l’on piétine nos droits, jamais nous n’allons accepter que son acquis soient piétinés. Nous avons des régimes de retraite, on y tient, et on en souhaite un à tout le monde; tous les Québécois ont droit à une vie décente à la retraite», a-t-il ajouté.

La Coalition se dit par ailleurs indignée que de telles mesures soient envisagées par des élus qui bénéficient de deux régimes de pension payés par les contribuables.