Marc Parent dénonce les événements survenus à l’hôtel de ville de Montréal

MONTRÉAL – Si des policiers ont fait preuve de «laxisme» lors du saccage survenu à l’hôtel de ville de Montréal lundi soir, ils devront répondre de leurs actes, a prévenu mardi le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Marc Parent, en annonçant la tenue d’une enquête visant à faire la lumière sur les événements.

En conférence de presse, M. Parent, qui a affirmé qu’il n’y avait pas «deux classes de manifestants», n’a pas voulu pointer du doigt certains policiers qui auraient fermé les yeux sur les agissements d’opposants au projet de loi 3 sur les régimes de retraite.

«Il y a des photos (diffusées) pour moi qui étaient plus éloquentes que d’autres, a-t-il dit. Je suis allé sur les lieux. C’est pour cela que je me garde une réserve avant de faire une affirmation.»

Selon le chef du SPVM, il n’est «pas vrai» que des policiers ne sont pas intervenus, notamment puisqu’il avait été décidé qu’environ 250 personnes seraient admises à la séance du conseil municipal, une stratégie qui n’a «peut-être pas été la bonne».

«Aucun policier n’a participé à la manifestation, a assuré M. Parent. Mais un geste de complaisance n’est pas plus justifiable.»

Questionné sur la partialité de l’enquête, qui sera menée par une équipe du SPVM, le chef du corps policier n’a pas écarté que la Sûreté du Québec (SQ) soit appelée à y participer.

«Si j’ai le sentiment ou un doute quelconque sur la neutralité de l’enquête, soyez assurés qu’on va faire appel à d’autres enquêteurs qui pourront amener cette transparence», a-t-il affirmé.

Le chef du SPVM — qui dit s’être rendu sur les lieux de la manifestation lundi soir — a indiqué que des personnes ont déjà été rencontrées et que certains manifestants pourraient être poursuivis si les autorités amassent les preuves suffisantes pour le faire.

Les policiers qui pourraient être blâmés pour laxisme ou complaisance s’exposent quant à eux à une sanction du code de discipline du SPVM, qui peut aller de la réprimande jusqu’au congédiement.

M. Parent ne s’est pas prononcé sur la durée de l’enquête, mais a assuré qu’elle devrait se dérouler rapidement.

Troublé par les débordements, ce dernier a reconnu qu’ils ont contribué à affaiblir l’image de la police.

«Pour plusieurs, ces événements viennent soulever un doute sur la capacité du SPVM à exercer pleinement son rôle et de voir en toute neutralité», a-t-il dit.

Le chef du SPVM a dit avoir rappelé à ses policiers de «maintenir l’ordre et la paix en tout temps, et ce, sans égard à leurs positions personnelles», ajoutant avoir révisé certains protocoles de sécurité.

De son côté, le maire de Montréal, Denis Coderre, a réitéré sa confiance à l’endroit de son chef de police, ajoutant toutefois qu’il n’écartait pas une possible implication de la SQ.

«Ce sont des professionnels, a dit le maire, au cours d’une mêlée de presse. Toutes les options étaient sur la table. On a violé l’hôtel de ville. On a mis en péril les élus. C’est une agression armée, c’est plus qu’un méfait (…) des voies de fait.»

Par voie de communiqué, la Fraternité des policiers et policières de Montréal a réitéré qu’elle n’avait «aucunement» pris part à la manifestation de lundi soir et qu’elle déplorait sa tournure.

Elle croit néanmoins que le chef du SPVM devrait faire preuve de prudence et attendre les conclusions de l’enquête interne avant de parler de «laxisme» ou de «complaisance» de la part des policiers.

La Fraternité a toutefois refusé d’accorder des entrevues.

Entre-temps, la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec a manifesté dans le calme à Chateauguay, mardi, devant les bureaux du ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, pour protester contre le projet de loi 3 touchant aux régimes de retraites des employés du secteur municipal.

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