Marche mondiale des femmes à Trois-Rivières: des groupes dénoncent l’austérité

TROIS-RIVIÈRES, Qc – Des milliers de personnes, 12 000 selon les organisateurs, ont participé samedi à Trois-Rivières à la Marche mondiale des femmes au Québec alors que des manifestations similaires devaient se tenir partout au Canada et dans une soixantaine de pays.

Malgré le temps froid et sombre, le rassemblement québécois, sous le thème «Libérons nos corps, notre Terre et nos territoires», a été couronné de succès par les organisateurs dont la Fédération des femmes du Québec, des syndicats, l’Union des municipalités du Québec et Québec solidaire, notamment, qui étaient représentés à l’événement.

Les féministes voulaient dénoncer les politiques d’austérité, la «destruction» environnementale et la militarisation, et revendiquer le respect des droits des peuples autochtones.

La Marche mondiale des femmes a comme objectif ultime d’éliminer les causes à l’origine de la pauvreté et de la violence envers les femmes. Or, la nouvelle présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), Mélanie Sarazin, n’a pas manqué d’afficher sa déception face aux chefs politiques fédéraux qui, à son avis, n’ont pas parlé de ces enjeux pendant la campagne électorale qui est sur le point de se terminer. Pour elle, cela n’est pas surprenant de constater que les partis sont «déconnectés» des préoccupations portées par les groupes de femmes.

Ainsi, les femmes doivent elles-mêmes «transformer la société», a tonné Mme Sarazin, estimant que les gouvernements font la sourde oreille à leurs revendications.

Pour cette raison, les groupes de femmes n’ont pas soumis de revendications aux gouvernements, qui, dit-elle, n’écoutent pas les femmes et «méprisent» les enjeux féministes.

En vue de la marche, une caravane avait d’abord sillonné les diverses régions du Québec, parcourant 5000 kilomètres en près de trois semaines, pour aller à la rencontre des femmes dans leur communauté. Le tout s’est terminé dans le coeur de la Mauricie et du Québec, samedi.

«Ici et ailleurs, dans 60 pays, partout mondialement, a mentionné la présidente de la FFQ, on a toutes travaillé sur les mêmes thématiques et façons de faire. On dit : c’est assez. Nous, les féministes du monde, ont fait autrement.»

«Nous partons de la base, on voit quelles résistances sont mises en place, et l’on construit du bas vers le haut pour exiger une transformation de société comme on l’entend» a-t-elle précisé.

La CSN, entre autres, a aussi profité de l’occasion pour demander aux ministres québécoise et fédérale de la Condition féminine, Stéphanie Vallée et Kellie Leitch, de «sortir de leur mutisme et de s’engager concrètement à protéger les droits et les conditions des femmes, qui sont attaquées de toutes parts», à leur avis.

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