Marois envoie un message avec une candidate juive et deux autres musulmanes

MONTRÉAL – La chef péquiste Pauline Marois a voulu envoyer un message, vendredi, en présentant trois candidates d’origine nord-africaine favorables à la charte de la laïcité.

Mme Marois a affirmé qu’il s’agit d’un appui très important aux propositions péquistes qui visent à consacrer la neutralité des employés de l’État et à baliser les accommodements religieux.

«Je peux vous dire que ça m’émeut», a-t-elle dit lors d’un bref échange avec les journalistes qui suivent sa caravane.

«Elles sont impressionnantes. Elles ont fait le choix du Québec. Elles ont fait le choix d’appuyer la neutralité et la laïcité parce qu’elles veulent plus d’intégration pour tous ceux et celles qui choisissent de venir vivre au Québec.»

La chef péquiste a toutefois reconnu que les circonscriptions où les trois femmes _ deux musulmanes et une juive séfarade _ seront candidates, des châteaux-forts libéraux, demanderont des efforts importants aux péquistes.

«C’est difficile mais vous avez vu la motivation de ces femmes et de l’équipe qui est ici. Ce sont des gens qui viennent de ces différents comtés et moi j’ai de l’espoir pour la suite des choses», a-t-elle dit.

Yasmina Chouakri, une chercheure à l’UQAM d’origine algérienne, tentera de se faire élire dans Anjou-Louis-Riel, tandis que Leila Mahiout, une conseillère en gestion elle aussi d’Algérie, sera candidate dans Bourassa-Sauvé.

Évelyne Abitbol, une consultante en affaires publiques née au Maroc et arrivée au Québec en 1964, se présentera dans la circonscription de L’Acadie. Mme Abitbol, de confession séfarade, a déclaré que la polémique entourant la charte de la laïcité l’avait incitée à faire le saut en politique.

«Pendant qu’ailleurs dans le monde, les populations se battent dans la violence pour instaurer un État laïc, nous ne pouvons nous permettre ici chez-nous de reculer», a-t-elle dit lors de la conférence de presse.

Mme Abitbol a accusé les libéraux de déformer le projet péquiste en affirmant que la laïcité divise les immigrants.

«Ce sont les libéraux qui réduisent nos concitoyens à leur dimension religieuse et qui créent la division», a-t-elle dit.

En cette veille de journée internationale de la femme, tout au long des six étapes de sa caravane, Mme Marois a présenté neuf candidates féminines, qui tenteront de se faire élire pour la première fois le 7 avril prochain.

À Laval, la chef péquiste a confirmé que l’auteure et militante anti-islamiste Djemila Benhabib, qui avait été candidate dans Trois-Rivières à la dernière élection, briguerait les suffrages dans la circonscription de Mille-Îles.

Après une rencontre avec Mme Benhabib, d’origine algérienne, Mme Marois a mis le cap sur Montréal pour présenter notamment ses trois autres candidates nord-africaines.

«C’est un message important qu’on voulait lancer, a-t-elle dit après la conférence de presse. (…) C’est un appui considérable et important.»

À Blainville, où elle a présenté la candidature de Gyslaine Desrosiers, ancienne présidente de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, Mme Marois a minimisé la plus récente hausse de 0,3 point de pourcentage du taux de chômage, le mois dernier, à 7,8 pour cent.

Commentant les données publiées vendredi par Statistique Canada, Mme Marois a attribué la perte de 26 000 emplois, en février dernier, à la volatilité des données mensuelles sur l’emploi.

La chef péquiste a donné l’exemple de l’année 2013, où un total de 48 000 emplois créés a été atteint malgré un recul de 13 000 emplois en février.

«C’est un mois, une image dans le temps qui, je suis persuadée avec nos politiques économiques qui ont déjà commencé à porter fruit, vont corriger la situation en moyenne période», a-t-elle dit.

Le gouvernement de Mme Marois a dévoilé l’automne dernier des politiques économiques dont l’objectif est d’ajouter 44 000 emplois en trois ans à ceux qui se créeront, pour un total de 125 000 nouveaux postes.

Vendredi, Mme Marois a dévoilé ses propres perspectives en fixant son objectif à 172 000 emplois durant la même période.

«Nous pensons qu’on arrive à notre vitesse de croisière au bout de trois ans, ce qui fait que pour la suite des choses, ce serait environ 40 000 (emplois) qui s’ajouteraient d’une année sur l’autre», a-t-elle dit.

Les libéraux ont promis cette semaine la création de 250 000 emplois en cinq ans, ce que Mme Marois critique puisqu’elle juge qu’ils devront augmenter les dépenses publiques et la dette pour atteindre cet objectif.

«Nous prévoyons, avec nos politiques, et la croissance normale de l’économie, nous prévoyons sur cinq ans qu’il y aurait 172 000 emplois de plus, a-t-elle dit. Nous croyons que c’est raisonnable, c’est faisable et réalisable.»

À Montréal, Mme Marois a aussi annoncé la candidature de l’ex-présidente de l’Ordre des pharmaciens du Québec, Diane Lamarre, qui tentera de garder dans le giron péquiste la circonscription de Taillon, où la ministre de l’Éducation Marie Malavoy a annoncé jeudi son départ de la politique.

Dans la circonscription de Groulx, sur la rive-nord, l’ex-militante étudiante Martine Desjardins portera les couleurs du PQ.

Mme Desjardins, qui a réclamé la gel des frais de scolarité à titre de présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), se joint ainsi à un parti qui a plutôt choisi d’indexer ces droits.

Aux côtés de Mme Marois qui est venue appuyer sa candidature, Mme Desjardins a vanté l’amélioration de l’accessibilité aux études réussie par les péquistes, sans s’exprimer sur l’indexation ni répéter sa position en faveur du gel.

«L’accessibilité a été préservée à la suite du sommet sur l’éducation, donc je suis très contente de me joindre au Parti québécois», a-t-elle dit.

Une des figures de proue du mouvement étudiant du printemps 2012, Mme Desjardins retrouvera dans les rangs péquistes son collègue Léo Bureau-Blouin, ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec.

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Les candidates juives et musulmanes totalement inconnues ne sont que de la poudre aux yeux.

Presque tous les organismes QUÉBÉCOIS qui œuvrent dans le domaine de la justice, dont le Barreau du Québec et la Commission des droits de la personne du Québec (entre autres!!!) ont clairement déclaré que la charte des péquistes était illégale et inapplicable. Le P.Q. la sait (pourquoi Drainville refuse-t-il de nous donner les avis juridiques de NOTRE Ministère de la Justice sur cette question?) et il a bassement manipulé ces pauvres femmes à des fins strictement électoralistes et idéologiques.