Martine Ouellet propose six mesures totalisant 13,5 M $ pour soutenir la culture

MONTRÉAL – La candidate à la direction du Parti québécois Martine Ouellet a présenté lundi une série de mesures totalisant 13,5 millions $ pour soutenir la création et la diffusion de la culture québécoise.

Du même souffle, elle a ajouté la culture aux raisons qui la poussent à vouloir faire l’indépendance le plus rapidement possible.

«Le gouvernement du Canada n’a pas l’art tellement à coeur: lorsqu’il décide de remplacer les toiles d’Alfred Pellan par des portraits de la reine Elizabeth, ça démontre vraiment son peu d’intérêt et je pense que c’est important de réaliser l’indépendance pour avoir tous nos pouvoirs», a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à Montréal, où elle était accompagnée de l’auteur François Avard et de la comédienne Sylvie Legault.

Comme l’avait fait son adversaire Alexandre Cloutier la semaine dernière, Mme Ouellet a orienté une part importante de ces investissements vers les jeunes et le milieu scolaire.

Ainsi, elle suggère d’ajouter deux sorties culturelles par année pour les élèves du primaire et du secondaire et de débloquer les budgets requis pour l’ajout de 200 000 nouveaux livres dans les bibliothèques scolaires. Elle en a profité pour se prononcer en faveur d’une politique pour réglementer le prix du livre afin de protéger les librairies contre une concurrence déséquilibrée des grandes surfaces.

Martine Ouellet entend également rétablir les budgets coupés par le gouvernement libéral à l’organisation de Secondaire en spectacle et d’injecter 1 million $ pour soutenir la relève musicale, notamment le Concours musical international de Montréal, le Festival international de la chanson de Granby, Cégeps en spectacle et Ma première Place des arts.

Par ailleurs, Mme Ouellet se propose d’augmenter de 30 pour cent les bourses aux artistes et écrivains offertes par le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et d’ajouter 500 nouvelles bourses.

«À une époque j’étais un jeune créateur qui aurait eu bien besoin de bourses du CALQ ou d’une aide supplémentaire parce que l’énergie du désespoir au début c’est bon, ça aide, mais ça suffit pas; il faut aussi manger», a fait valoir François Avard, se remémorant un passé d’il y a près de 20 ans où il occupait un petit logement au-dessus d’un restaurant.

Côté cinéma, la candidate entend ajouter les fonds requis à Télé-Québec pour que celle-ci diffuse un minimum de 20 films d’auteur et documentaires québécois par année. Elle a du coup réitéré son intention de donner un mandat d’information régionale plus fort à Télé-Québec et les moyens pour qu’elle le réalise.

La députée de Vachon a par ailleurs répété que son adversaire Pierre Karl Péladeau aurait à faire un choix entre sa carrière politique et ses propriétés médiatiques.

Questionnée sur la possibilité que celui-ci, en étant éventuellement élu premier ministre, soit à la fois le patron de Télé-Québec et chef d’un gouvernement détenant une multitude de leviers en matière culturelle tout en demeurant l’actionnaire de contrôle de Québecor qui possède des chaînes de télévision et une chaîne de librairies, Mme Ouellet s’est toutefois montrée prudente.

«Cette question est présente depuis le début de la course et M. Péladeau aura une décision à prendre, a-t-elle dit. Mais je ne vais pas plus loin dans mes commentaires sur cette question parce que, peu importe ce que je dirai, c’est toujours analysé à la lumière de la course à la chefferie et non pas de façon objective.»

Bien que Pierre Karl Péladeau ait répété à maintes reprises qu’il tenait à garder ses actions en les plaçant dans une fiducie sans droit de regard, Martine Ouellet maintient que la question demeure importante et a répété à quatre reprises que celui-ci aurait «des décisions à prendre».

Toujours en ce qui a trait à la course elle-même, Martine Ouellet affirme qu’il n’est pas question de créer une alliance avec qui que ce soit, quoi qu’en disent les rumeurs.

«On s’est parlé, avec Alexandre (Cloutier), avec Bernard (Drainville), avec Pierre Céré. C’est certain qu’on se parle, avec même Pierre Karl (Péladeau). On fait la course ensemble, on est dans le même parti. Mais je peux vous dire qu’il n’a jamais été question d’alliance et que, de toute façon avec mon équipe, on ne fera pas d’alliance avec de l’ambiguïté», a-t-elle dit.

De tous les candidats, Martine Ouellet est celle qui propose la démarche la plus rapide pour accéder à l’indépendance, soit un référendum dans un premier mandat.