Métiers de la construction: la CCQ veut pousser plus loin avant de trancher

MONTRÉAL – La Commission de la construction du Québec compte procéder à des analyses plus poussées avant de trancher la question de la redéfinition des juridictions des métiers.

La commission avait mené une consultation sur les juridictions des métiers — une sorte de définition des tâches des ouvriers— jusqu’au 14 août. Cette consultation sur neuf sujets avait suscité de l’inquiétude chez plusieurs syndicats.

Dans son rapport sur la consultation qui a été rendu public jeudi, la commission souligne qu’elle devra notamment évaluer les répercussions économiques d’un changement à la définition des métiers avant de trancher la question.

Elle ajoute aussi qu’elle devra évaluer les répercussions sur la formation des ouvriers, ainsi que sur les conventions collectives dans les différents secteurs de l’industrie.

La commission affirme que bien que les 84 mémoires et 88 commentaires qu’elle a reçus aient été «éclairants», ces aspects n’ont pas été soulevés dans la consultation. Ils devront donc faire l’objet d’une analyse plus poussée pour l’éclairer adéquatement avant qu’elle tranche la question.

«Nous visons d’abord et avant tout à assurer que les métiers sont définis de façon à offrir plus de souplesse à l’industrie et une meilleure employabilité pour les travailleurs», affirme la présidente-directrice générale de la CCQ, Diane Lemieux.

Elle signale que les définitions des métiers de la construction «ont été très peu revues au cours des 30 dernières années».

Elle compte également comparer la situation des métiers au Québec à celle qui prévaut dans les autres provinces, afin de voir si une intervention en la matière aurait des répercussions sur les ententes permettant la mobilité de la main-d’oeuvre.

Son rapport se veut donc «un premier pas vers une révision de la définition de certains métiers de la construction», indique-t-elle par voie de communiqué.

Ses travaux se poursuivront donc au cours des prochains mois.

Inquiets, plusieurs syndicats avaient dit ne pas comprendre la volonté de revoir ainsi les juridictions des métiers, affirmant qu’il n’y avait pratiquement plus de conflits entre les métiers depuis qu’un processus avait été implanté pour régler les différends à ce sujet.

Mais la CCQ avait répondu qu’elle n’avait pas le choix de procéder à cette révision périodique. «Nous avons maintenant l’obligation d’étudier la définition des métiers tous les cinq ans. Ce processus est prévu dans la loi», avait répliqué Mme Lemieux.

La consultation a porté entre autres sur le recoupement des activités entre les métiers de plâtrier et de peintre, sur la distinction entre les métiers d’électricien et d’installateur de systèmes de sécurité et sur le recoupement des activités en matière d’isolation et d’étanchéisation des bâtiments.

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