Michael Ferguson défend la légitimité de son rapport sur les dépenses du Sénat

OTTAWA – Un rapport accablant sur les dépenses au Sénat aurait pu inclure d’autres noms — dont celui d’un sénateur ayant refusé de coopérer avec les vérificateurs avant de réaliser à la dernière minute qu’il risquait de se retrouver sous les projecteurs.

En entrevue, mercredi, le vérificateur général Michael Ferguson a relaté que l’audit était pratiquement terminé, lorsque le sénateur en question a finalement fourni les documents que réclamaient les enquêteurs depuis des mois.

M. Ferguson a dit croire qu’il s’agissait d’une «question d’égo».

Le vérificateur général n’a pas voulu identifier le sénateur. Mais il a fait valoir que cette intransigeance illustrait le genre d’attitudes auxquelles ont dû faire face les enquêteurs et lui-même durant les deux années d’élaboration de leur rapport.

«Cela montre de nouveau à quel point était enraciné — à tout le moins pour certains sénateurs — le sentiment qu’ils n’avaient pas à rendre des comptes pour leurs dépenses», a-t-il affirmé.

M. Ferguson a fait état de dépenses contestables pour 30 sénateurs, dont neuf ont vu leur dossier être transféré à la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Sur les 21 autres, quatre ont remboursé les dépenses remises en question, disant n’avoir rien fait de mal. Les 17 autres sénateurs feront appel au processus d’arbitrage.

Il était justifié de révéler les dépenses indues du Sénat, a affirmé le vérificateur général du Canada, bien que des sénateurs critiquent son rapport.

Au lendemain de la publication officielle de son rapport, M. Ferguson a endossé toutes les découvertes qui y sont partagées.

M. Ferguson a dit ne pas avoir été surpris par les conclusions: les sénateurs n’avaient pas été transparents quant à leurs dépenses et étaient en mesure de justifier une réclamation en affirmant simplement à l’administration du Sénat qu’il s’agissait d’«affaires parlementaires».

Il a soutenu que les vérificateurs avaient pris soin de bien gérer tous les audits, sachant que leur rapport aurait un impact sur la carrière et la réputation des sénateurs impliqués.

Certains sénateurs auraient pu trouver davantage de preuves pour justifier des dépenses soulevées par les enquêteurs, mais ne l’ont pas fait avant la publication du rapport, mardi, a-t-il fait valoir.

Le VG a affirmé que son équipe avait bien évalué chaque cas avant de déterminer si un sénateur allait être nommé dans le rapport.

«Je suis persuadé que nos dossiers cadrent avec les conclusions du rapport, a-t-il fait valoir. C’est autre chose si quelqu’un a des éléments de preuve additionnels qu’il n’a pas portés à notre attention, mais je suis persuadé que nous avons tout examiné dans chacun des cas.»