Le retour du baseball à Montréal se fera attendre, prévient le Conference Board

MONTRÉAL – Comme il l’avait fait une première fois en août 2012, le Conference Board du Canada estime toujours que le marché de Montréal est assez viable pour accueillir une équipe du baseball majeur. Cet organisme a toutefois tenu à formuler un bémol, mardi, quelques jours après le succès populaire des deux matchs préparatoires disputés au Stade olympique: ce n’est pas demain la veille que les nouveaux Expos vont disputer leur match d’ouverture.

«Je ne veux certainement rien enlever à l’enthousiasme qu’on vient de vivre à Montréal en fin de semaine, mais reste qu’il ne faut surtout pas penser qu’à partir de ça, tout va débouler et que, dans deux ans, (le maire de Montréal) Denis Coderre remontera sur le monticule pour effectuer le premier lancer des nouveaux Expos. Je ne pense pas que ce sera du court terme comme ça. Ça va être du travail de plus longue haleine», déclare Mario Lefebvre, coauteur d’un livre publié par le Conference Board qui est intitulé «Power Play». Celui-ci examine les marchés du sport professionnel au Canada.

«Comme (le Conference Board) l’a toujours maintenu, le marché est là en raison des quatre millions de personnes qu’il y a dans la région de Montréal, parce qu’on y retrouve des gens assez riches pour se payer des billets de baseball, et parce qu’il y a suffisamment de corporations en ville pour qu’une bonne stratégie de vente de loges fonctionne», affirme M. Lefebvre, qui a rédigé «Power Play» avec un autre économiste, Glen Hodgson.

«Ce qu’on dit, par contre, c’est que ce n’est peut-être pas pour demain matin, parce que la facture pour ramener du baseball à Montréal se chiffre à environ 1,2 milliard $. Les Padres de San Diego ont récemment été vendus au prix de 800 millions $, et on dit qu’un nouveau stade va coûter 400 millions $. Et 1,2 milliard $, ça ne se trouve pas en criant ciseau», note M. Lefebvre lors d’un entretien avec La Presse Canadienne.

«L’autre chose qui nous amène à mettre un bémol sur les possibilités à court terme, ce sont les conditions de jeu dans le baseball majeur. Le baseball majeur est le seul sport professionnel (en Amérique du Nord) qui accepte encore des épouvantables écarts de masses salariales entre les concessions.

«Si je suis un investisseur, est-ce que j’aurai le goût de mettre 1,2 milliard $ dans quelque chose où mes chances de gagner ne sont pas égales à celles des 29 autres équipes? Ça ne veut pas dire que tu ne pourras jamais gagner. Avec de bons choix au repêchage, tu peux gagner. Mais dès que tes joueurs vont devenir bons, les Yankees et les Red Sox vont venir les acheter», ajoute le coauteur du livre.

On a beaucoup vanté l’équipe de 1994 des Expos, le week-end dernier, pendant que les Blue Jays de Toronto et les Mets de New York attiraient plus de 96 000 spectateurs en deux jours au Stade olympique. Mais en raison du déséquilibre des forces qui prévaut à l’heure actuelle dans le baseball, il est peu probable qu’on revoit une formation de ce calibre dans l’avenir, du moins sur une longue période.

«Il faut reconnaître qu’à Montréal, on n’aime pas assez le baseball pour être juste content d’être là, souligne M. Lefebvre. Quand les années de vaches maigres vont arriver — et elles vont arriver —, il y aura peut-être un certain effritement des assistances, ce qui entraînera peut-être des déficits occasionnels. Ça va donc prendre un propriétaire avec les poches profondes.

«Parce que si le propriétaire cherche à paqueter ses petits au premier déficit, l’aventure du baseball risque de ne pas durer longtemps. Donc ça va prendre quelqu’un qui a les reins assez solides pour accepter un déficit une année et continuer l’année suivante sans vendre le club au grand complet.»

L’autre scénario possible serait qu’un conglomérat médiatique devienne propriétaire de l’équipe de baseball, comme Rogers, qui a acheté des propriétés sportives à Toronto.

«À ce moment-là, ce serait plus ou moins grave que votre équipe de baseball perde de l’argent, parce que toutes vos autres entreprises en profiteraient, affirme M. Lefebvre. Vous aurez 500 heures de télévision — 162 matchs à raison de trois heures par match —, des avant-matchs, des après-matchs, des entrevues, du matériel pour les magazines, pour la radio et les bulletins de nouvelles à la télé…»

L’état des finances publiques du gouvernement québécois ralentira également le processus, estime l’économiste. En raison du déficit actuel, le prochain gouvernement sera peu susceptible de délier les cordons de la bourse et de fournir la part publique du financement que le promoteur du projet, Warren Cromartie, sollicite afin de bâtir un nouveau stade au centre-ville.

«J’ai du mal à imaginer qu’au lendemain des élections du 7 avril, le nouveau gouvernement va dire qu’il dégage les millions nécessaires pour le stade de baseball de Montréal», dit M. Lefebvre.

Celui-ci a tenu à souligner que le jugement du Conference Board a été élaboré en fonction des conditions de marché actuelles. Tant mieux si celles-ci s’améliorent à la suite d’imprévus, telle l’instauration d’un plafond salarial ferme dans le baseball. Ou encore si, emporté par le vent d’optimisme qui souffle sur Montréal à la suite des deux matchs disputés au cours du week-end, un mécène se manifeste.

«Bravo si c’est le cas et si, dans deux ou trois ans, quelqu’un nous remet au visage qu’on l’a, notre équipe de balle, lance M. Lefebvre. Je serai content de m’être trompé. Je répète: on pense que c’est possible, c’est juste qu’on ne pense pas que ce sera pour demain matin.»

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Good !
S’il y a des investisseurs qui pensent y trouver des profits, eh bien c’est simple qu’ils ne comptent que sur eux-mêmes et en assument 100% des coûts.
Si les amateurs veulent autant que ça du baseball à Montréal, eh bien qu’ils soient prêt à en payer le prix.
On a vu ce qui c’est passé à Québec avec les Nordiques alors qu’entre autres l’actuel président du comité olympique canadien n’avait aucune limite satisfaisante et à préférer vendre sous prétexte que ça ne pouvait être rentable sans un nouvel aréna payé avec les fonds publiques évidemment. Il a empoché tout le pognon.
Et puis Labaume. Pierre Karl Péladeau ont aussi profiter des largesses de l’état…du PQ…dans l’espoir d’obtenir un club qui à brève échéance sera un éléphant blanc…après que le public aient englouti encore combien de centaines de millions voir de milliards.
Mais ce n’est pas encore assez pour le Napoléon des temps modernes au Québec, il y a l’anneau de glace à 100 millions encore payé en prenant l’argent de nos poches. Tout ce qui restera bientôt, ce sera des trous en forme d’anneaux dans mes poches.
Mais ce n’est pas tout, ce cher Aubut n’a pas renoncé à construire le mont Everest à Québec et de graisser la patte des décideurs du comité olympique international pour obtenir des jeux olympiques à Québec. Et encore une fois avec l’argent du public.

Tout ceci sous prétexte des retombés économiques, de la publicité payantes mais à bas coûts à cause de la visibilité, et des taxes perçues par les gouvernements, la création d’emplois et tout le reste.
Il y a-t-il quelqu’un qui peut mettre des chiffres crédibles et prévus des avantages tout comptes faits dans les livres prévisionnels ?
Et puis après en prenant tout les chiffres prévus et actualisés après tout les évènements ainsi créés, quelqu’un peut me faire les comptes-rendus post-mortem ?
Quelqu’un peut-il me prouver qu’en tenant compte de tout, routes et infrastructures comptés, en spécifiant celles qui n’auraient pas été construites à cause de ses évènements, que le public y à trouver son profit ?

Tout les chefs qui se présentent à la campagne électorale sont d’accord sur un point: le Québec n’a pas d’argent pour tout faire et doit couper ici et là pour rapiécer ici et là. Les postes provisionnels sont comme des vases communicants et changent de vertus et d’approvisionnement selon le parti. Mais c’est tout, l’argent provient des mêmes poches et ne s’impriment pas à mesure des besoins.
Et donc l’état doit faire avec ce qu’il a.
Et s’il n’a pas assez, il doit s’occuper des « vrais affaires ». Pas les « vrais affaires à la manière des politiciens, mais selon les besoin de la population. Et donc: la santé, l’éducation, le transport et en priorité sa sécurité et celui qui est collectif, de l’environnement, du sport et de la culture pour tous et pas pour envoyer une élite dans des concours.
Vous avez vu un stade de baseball professionnel dans ma liste ? Un aréna de hockey professionnel qui est voué à l’échec ? Des jeux olympiques qui ne tient compte que le l’apparat ?

J’espère juste que le général-dictateur-shériff Coderre ne pourra pas mettre tout son poids sur la balance pour intimider le prochain gouvernement et à détourner le coffre-fort d’état vers les « fausses-vrais-affaires !
Si on autant d’argent, construisons de véritables logements sociaux ! Entre autres !
Quand chacun pourra avoir un rendez-vous chez son médecin de famille en dedans de 24 heures, ou passer à l’urgence aussi vite que l’on passe dans un restaurant de restauration rapide, on pourra peut-être penser à donner des candies et à amuser le peuple dans l’arène !
En attendant il y a beaucoup de travail à faire et il n’y a une minutes pour penser comment on pourrait enrichir d’avantage et plus de lanceux de balles ou de frappeux de pucks.
Les amateurs à la place de s’engraisser assis sur un siège à regarder en mangeant 2 hot dogs et une bière à $25.00, qu’ils mettre sur pieds à leurs frais plus d’équipes de toutes sortes de sports et qu’ils bougent leurs carcasses graisseuses ! Avec subventions peut-être pour ceux qui peuvent prouver qu’ils ont participé tout la saison !