Montréal crée un Bureau d’intégration des nouveaux arrivants qui sera permanent

MONTRÉAL – Devant l’afflux important de réfugiés syriens, la Ville de Montréal a décidé de créer un Bureau d’intégration des nouveaux arrivants à Montréal afin de coordonner les efforts d’intégration sociale et économique non seulement de cette cohorte, mais de l’ensemble des nouveaux arrivants, qu’ils soient réfugiés ou immigrants.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a précisé lundi qu’il s’agira d’une structure permanente qui sera désormais chargée de chapeauter l’immigration sur le territoire de Montréal.

«On vient de créer une expertise interne et on va pouvoir travailler de meilleure façon comme partenaire et pour les groupes (communautaires qui oeuvrent en immigration) et avec le gouvernement du Québec», a déclaré le maire en conférence de presse.

M. Coderre a ajouté que la situation démontrait clairement la nécessité de réclamer des pouvoirs additionnels inclus dans le futur statut de métropole qu’il demande depuis son élection.

«Dans un contexte du statut de métropole, on parle (…) d’intégration: il y a des coûts sociaux qui sont importants et on a besoin d’avoir les outils en ce sens», a-t-il précisé.

La Ville de Montréal peut toutefois se compter chanceuse de ne pas avoir été débordée par l’afflux de réfugiés jusqu’ici: en dressant le bilan de la situation, le consultant embauché par le maire Coderre pour piloter le dossier, Michel Dorais, a précisé lundi que, sur 1462 réfugiés arrivés à Montréal, seulement 19 n’étaient pas parrainés et avaient dû être pris en charge par l’État.

C’est donc dire que la quasi-totalité d’entre eux ont été pris en charge par les organismes ou les particuliers qui les ont parrainés, ce qui a donné le temps à la Ville de mieux se préparer pour la suite.

D’autre part, le recul sur la promesse libérale d’accueillir 25 000 réfugiés avant la fin de l’année 2015, pour reporter cet objectif à la fin de février, s’est avéré un bienfait sur le plan logistique.

«Le fait qu’ils vont arriver peut-être un peu plus tard, au lieu d’arriver massivement avant les Fêtes, ça nous a donné le temps de nous organiser en conséquence», a reconnu Denis Coderre.

On prévoit d’ailleurs un alourdissement de la tâche à court terme puisqu’il est déjà établi que la proportion de réfugiés qui ne sont pas parrainés sera de plus en plus grande, les dossiers de ceux qui bénéficient d’un parrainage ayant été traités plus rapidement par les autorités.

Le rythme d’arrivée s’annonce intense: Montréal accueille présentement une centaine de nouveaux réfugiés par jour, soit 700 par semaine, et Ottawa a déjà averti que quelque 2950 débarqueront à l’aéroport Montréal-Trudeau d’ici le 5 février, bien qu’on ne sache pas encore combien d’entre eux auront la métropole comme destination finale.

«Les cibles oscillent, les arrivées sont difficiles à prévoir et les échéanciers changent. On apprend souvent 24 à 48 heures à l’avance la composition des vols sur Montréal», a dit le maire.

«La plupart du temps, nous savons au cours de la journée d’arrivée combien de réfugiés sont destinés à Montréal. À plus long terme, nous n’avons aucune indication du nombre précis de réfugiés que nous recevrons», a reconnu M. Coderre.

L’une des priorités du nouveau Bureau d’intégration est de dénicher du logement pour toutes ces personnes. Une première banque de 800 logements a été identifiée en collaboration avec l’Office municipal d’habitation, mais on sait déjà que ce ne sera pas suffisant.

Par ailleurs, des efforts sont en cours afin de trouver des débouchés d’emploi pour tous ces gens, mais il est encore trop tôt pour savoir quelle sera la contribution des milieux d’affaires qui ont promis leur soutien.

«Quand on parle d’intégration, ce n’est pas juste sur le plan social, (…) mais l’intégration économique est essentielle», a rappelé le maire à quelques reprises.

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